Chèque-repas : comment voler la Cafat.

La manifestation « Vie Chère » a accouché d’un projet incroyable : prendre de l’argent à la Cafat pour créer un service inutile. Incroyable ?
Et pourtant…

En effet, nos chers syndicalistes et nos très chers élus ont validé la future création du principe du « chèque-repas ».
De quoi s’agit-il ? En fait l’idée de base est simple : mettre à disposition des salariés des chèques-repas dont une partie (prenons par
exemple 50%) est payé par l’employeur. Ce chèque-repas est ensuite utilisé par les salariés pour acheter à manger, ce qui leur revient 50% moins cher dans notre exemple.
Jusque-là ça va. On se dit pourquoi pas ? Le principe est déjà utilisé en Métropole…

Mais si on réfléchit un peu, on se dit qu’il est inutile que l’employeur passe par cette artifice. En effet, pourquoi l’empoyeur donnerait au salarié 10 000 F (par exemple) de chèques-repas dont il a payé 5 000 F (le reste à la charge du salarié), alors qu’il lui suffit bien plus simplement de donner une prime de repas de 5 000 F ? Cela revient exactement au même pour tout le monde, en plus simple et mieux : le salarié utilise l’argent comme il l’entend. Il n’y a aucune raison pour que l’employeur fasse cela, le projet est donc voué à l’échec.

Mais… et c’est là toute l’astuce, on va inciter employeurs et salariés à utiliser le système. Comment ? Et bien simplement en exonérant de Cafat (patronale et salariale) les-dits chèques-repas. C’est incitatif car l’employeur peut donc « augmenter » le salarié de 5 000 F sans payer aucune Cafat ! Incroyable, non ? Alors qu’on nous ressasse régulièrement que la Cafat a des problèmes de financement, qu’on fait des efforts sur les médicaments pour réduire les dépenses, qu’on va bientôt créer un impôt supplémentaire type CSG pour la financer, là on va simplement créer un nouveau système tout à fait légal pour verser de nouveaux revenus aux salariés sans payer de cotisations Cafat !
C’est tout simplement incroyable !
Vous avez un doute ? Normal… Alors consultez le principe de fonctionne des chèques-repas sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Titre_restaurant
Vous verrez que l’exonération des charges sociales est un des principes du système.

Et ce n’est pas tout. Si on pousse la réflexion un peu plus loin, ces chèques-repas sont un scandale écologique ! En effet, on va imprimer de nouveaux bouts de papier qui ne servirons qu’une fois et qu’on va jeter. Ces impressions ne seront pas optimisées du tout et on va gâcher du papier, de l’encre et de l’énergie de façon incroyable pour fabriquer ces fameux chèques-repas.
Or, on a déjà quelque chose qui existe : ça s’appelle la monnaie ! Et là tout est optimisé :
– les billets sont réutilisables de nombreuses fois avant d’être jetés. Ils ont également de nombreux systèmes anti-fraude.
– les cartes de paiement ou de crédit sont maintenant largement utilisées, réduisant à néant le coût écologique d’un paiement.

Comment les syndicalistes et les politiques peuvent-ils valider un tel projet ? Manquent-ils simplement de bons conseils ou y a-t-il encore d’autres choses cachées dans ce projet qui pourraient leur rapporter ?

Faisons du bruit pour que ce projet soit abandonné : tant dans le bien de la Cafat que pour montrer notre responsabilité écologique (si peu présente ici).

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6 commentaires

  1. Sauf que ce que tu appelles les primes de repas s’appellent en fait des primes de paniers et que ces mêmes primes de paniers sont d’ores et déjà exonérées de charges sociales … donc aucune différence s’agissant de la cafat.

  2. Pour le reste … le côté écologique … pourquoi pas … mais cette solution permettrait au moins de s’assurer que les compléments versés s’adressent bien au repas …

  3. Surtout quand une méthode échoue n’hésitez pas à la reprendre;Au fait qui est l(‘heureux chanceux qui va fabriquer et émettre le tickets repas et à quel prix, ? autrement dit quel est le gagnant du loto?

  4. Le résumé :
    Le 1er janvier 2013, une nouvelle carte arrive dans le monde des tickets restaurants. Moneo Resto, carte Mastercard, sera valable 3 ans et pourra être rechargée chaque mois par l’employeur.
    Les titres restaurants sont actuellement régis par une loi qui date de 1962. Depuis le marché est partagé entre 4 entreprises : Sodexo, Natixis, Chèque déjeuners et Edenred, qui ne voient pas d’un bon œil l’arrivée d’un nouveau concurrent.
    Ils estiment que la règlementation actuelle interdit d’émettre des titres restaurant dématérialisés. Serge Ragozin, président de Moneo, affirme de son côté qu’il s’agit d’une « carte répondant aux exigences réglementaires en vigueur » et « émise sous surveillance de la Banque de France ».
    La carte « ticket restaurant » existe déjà en Turquie, en Slovaquie, au Brésil ou en Espagne.
    Quels sont les changements avec ce nouveau système ?
    Serge Ragozin a expliqué dans une conférence de presse, qu’il facturera des commissions « environ 20% inférieures » à celles pratiquées aujourd’hui par les émetteurs de titres.
    De plus, la société promet aux restaurateurs un remboursement sous 48h contre 30 jours pour le système actuel des chèques repas.
    La carte fonctionnera dans les lecteurs de cartes bancaires en service. Le salarié devra alors composer son code secret, sur le même principe que pour une carte bancaire classique.
    Autre avantage, pour le salarié cette fois, en cas de perte ou de vol, le solde ne sera pas perdu. Cependant avec ce système, il sera impossible de céder un ticket restaurant.
    Quel est le marché ?
    Aujourd’hui 122 000 entreprises utilisent les tickets restaurants, ce qui représente un marché annuel de 5 milliards et demi d’€ en France, en croissance de 3 à 4%.
    En 1999, Moneo avait lancé son porte-monnaie électronique sans vraiment s’imposer pour les paiements de la vie quotidienne. Aujourd’hui sa carte est utilisée dans les universités (restaurants universitaires, cafétéria…) et comme carte « jeunes » pour le compte de régions.
    Moneo Resto pourrait représenter, à terme, un tiers de son activité. La société espère atteindre 10 % de part de marché en 2017.
    par Elodie Herve

    MALHEUREUSEMENT MOI C’EST MONEO 1 -:))))

  5. A l’idiot qui a publié ce ce texte.
    Si tout d’abord offrir une possibilité d’offrir un repas à moitié prix au ayants droits CAFAT n’est pas une avancée sociale il faut croire alors que le « frustré » qui a écrit ce texte doit être un lobotomisé du MEDEF et/ou un inconscient.
    Je n’ai pas l’envie de commenter plus en avant les arguments et les inepties de ce texte mais son auteur semble avoir une connaissance toute relative du mode de fonctionnement de la CAFAT.
    La CAFAT fonctionne en caisses hermétiques et les deux seules caisses aujourd’hui déficitaires sont le RUAM et le fond pour le handicap (tout est largement vérifiable sur le rapport d’activité des la CAFAT en ligne).
    Le reste des caisses dont les prestations familiales, sont excédentaires et offrent des fonds de réserves largement exploitables sans pour autant déséquilibrer une avancée sociale tel que le chèque restaurant.
    La prime: à pleurer de rire quant on sait qu’une prime donnée directement à un salarié n’est non seulement pas exigible à une cotisation CAFAT mais n’offrirait aucune garantie sur son utilisation, or vie chère et tout le reste 30 % de la population à faim au sens propre du terme.
    Alors offrir la possibilité de payer un repas à moitié prix pour des gens qui sont dans le besoin est une très bonne avancée sociale ne vous en déplaise.
    Je peux cependant accorder le fait que la société et/ou l’organisme (rien n’est encore fait) qui sera en charge de gérer ce dispositif devra être très encadré.
    Alors cher « auteur » avant d’écrire autant d’inepties au mètre carré merci de « tourner sept fois votre langue dans votre bouche » très certainement avinée et/ou peu affamée.

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