Colère bretonne : le risque d’une contagion

A man waves a traditional black Breton hat as protesters with Brittany regional flags and wearing red caps, the symbol of protest in the region, take part in a demonstration to maintain jobs in Quimper
Je pense que le pire de tout l’article tient en une seule phrase, une déclaration d’un des membres du gouvernement qui résume tout: «Au point où on en est, je me demande vraiment comment on va s’en sortir». Et après la porte parole du gouvernement se permet de dire qu’il ne faut surtout pas changer de cap…

Malgré la suspension du dispositif de l’écotaxe mardi dernier, ils étaient 10.000 à 30.000 à défiler samedi dernier à Quimper contre ce système de taxation de la circulation des poids lourds. Echauffourées, portiques incendiés… Les tentatives du gouvernement pour désamorcer la crise ne semblent pas satisfaire les «bonnets rouges» de Bretagne. Et le risque d’une contagion fait trembler le gouvernement.

Car la manifestation du 2 novembre regroupait pêle-mêle agriculteurs, artisans, patrons, commerçants, membres du Medef comme du NPA, et leurs revendications ne concernaient pas seulement l’écotaxe, mais aussi la fin du dumping social ou la lutte pour l’emploi. Des thèmes qui résonnent aux quatre coins de la France. Ainsi, les «bonnets rouges» l’assurent: ils ont été contactés par d’autres régions. «Nous avons de plus en plus de contacts, des gens qui dans leurs régions aussi ont des problèmes de chômage et d’emploi», explique le maire de Carhaix (Finistère), Christian Troadec, qui ajoute que ces demandes émanent surtout de régions «du nord et du sud» du pays.
Pas de relais d’ampleur pour l’instant

Des actions, de moindre ampleur, ont déjà eu lieu en dehors de la Bretagne. Mardi dernier, des maraîchers nantais se sont réunis devant un des portiques de Loire-Atlantique pour demander la suppression totale de l’écotaxe. Une douzaine de poids lourds ont mené samedi matin une opération escargot contre cette taxe sur les autoroutes proches de Lyon. Le même jour, une borne écotaxe a été partiellement incendiée près d’Avesnes-sur-Helpe (Nord).

Le président de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricole) Pays de la Loire, Joël Limouzin, le confirme: la crise actuelle n’est «pas seulement un problème breton: il doit y avoir des décisions urgentes, un plan de bataille pour défendre l’agroalimentaire; l’écotaxe, ce n’est que la partie visible de l’iceberg». La FDSEA du Loiret appelle déjà à manifester contre l’écotaxe le 18 novembre, jour de la venue du premier ministre dans ce département du Centre, selon les informations du site de la République du Centre. Dans le Sud-Est, une action régionale est «prévue prochainement», assure le président de la FDSEA du Vaucluse, Bernard Mille, sans toutefois préciser de date. «Ce ne sera pas seulement contre l’écotaxe, mais aussi contre les charges et les contraintes administratives pesant sur nos entreprises», a-t-il prévenu.

Une réaction généralisée n’est pas encore prévue. «Dans les départements de Rhône-Alpes, je n’ai pas d’échos de gens qui voudraient partir en chasse là-dessus pour l’instant», affirme par exemple Patrick Breyton, président de la FDSEA de la Loire (Rhône-Alpes). Toutefois, les fédérations locales de la FNSEA restent vigilantes. «Nous maintenons le dialogue avec d’autres professionnels, les routiers par exemple, pour être prêts à mener des actions fortes si le conflit venait à se rallumer», expliquent dans la presse locale le président de la FDSEA de l’Aveyron (Midi-Pyrénées), Dominique Fayel, et le responsable des Jeunes agriculteurs, Nicolas Mouysset.
Une menace prise au sérieux par les autorités

D’autres secteurs pourraient se mobiliser. «On a des remontées de nos adhérents qui souhaitent que l’on exprime notre solidarité avec les Bretons», explique notamment le président de la Fédération nationale des transporteurs routiers en Rhône-Alpes, Pierre Sibut. «Il n’y aura pas de mouvement sur le terrain dans la région sans consigne nationale», prévient-il, avant d’ajouter: «On est prudent, cependant, car, dans le contexte actuel, il ne faudrait pas grand-chose pour déclencher un mouvement de protestation plus large et très violent. Dans notre profession, on redoute toujours d’être débordés par nos conducteurs.»

Le risque de contagion est pris au sérieux par les autorités. La sous-direction de l’information générale (SDIG) de Rennes a récemment prévenu Paris que le mouvement pourrait faire tache d’huile dans des régions de France à forte identité, «l’Alsace, le Pays basque et même la région niçoise», où quelques irréductibles s’interrogeraient sur la façon de passer à l’action. A l’Elysée, on craint même que la Bretagne devienne le terreau propice à une contestation généralisée. «On sent une tension de plus en plus forte de certaines franges de la population sur l’immigration, la laïcité, la pauvreté. (…) Cela devient éprouvant», dit-on dans l’entourage du président François Hollande, selon l’agence Reuters. «Au point où on en est, je me demande vraiment comment on va s’en sortir», va jusqu’à déclarer un membre du gouvernement.

(Avec AFP et Reuters)

Source: Le Figaro

De plus, un proche des politiques et de certains cercles bien renseignés, Mr Attali, y est allé également de sa petite phrase censée vous prévenir, au cas où vous n’auriez pas encore compris l’ampleur du drame qui se déroule sous nos yeux: “Cette France va lentement couler avec un orchestre qui joue sur le pont”

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