Curé de Bourail: témoignage

Après tous les bruits plus ou moins folkloriques qui circulent ces derniers temps sur ce qui se passe à Bourail, voici le récit véritable de l’agression de notre Prêtre puisque émanant du Père François Xavier de Vivies lui-même.
Comme il demande de faire circuler, je ne pense pas trahir sa pensée en diffusant au delà de notre communauté paroissiale. Vous ferez circuler– ou pas – à votre tour, mais ça peut contribuer à établir la vérité, sur bien des plans.

Enfin quelque chose de nouveau à raconter !

Salut à toute la fratrie. Excusez mon long silence, mais la vie est si lisse…

Au presbytère de Bourail nous avons été régulièrement « visités ». La disposition des lieux permet de visiter les chambres lorsque nous sommes à la cuisine à regarder la TV. Un jour où je faisais la sieste un gars est entré dans ma chambre pour prendre ma banane ( enfin vous voyez ce que c’est). Maintenant quand je me repose, je dois fermer la porte à clef.  Une autre fois j’étais au bureau, et pendant les deux secondes où je me tournais vers le classeur il entrait et prenait la caisse. Plusieurs fois il s’était introduit par les fenêtres arrière en grimpant la descente de gouttière. Il avait passé aussi une nuit au presbytère en se cachant dans la chambre du fond et prenant le temps de fouiller pendant notre sommeil….

Je m’étais dit : « la prochaine fois où nos routes se croisent, je le dame »
et j’avais préparé un bois « consistant », pas un manche à balai !

La nuit du 14 au 15 Août des bruits suspects autour de ma voiture me réveillent. Je sors en slip avec mon bâton et je dame le mec. Comme il se barre par l’escalier et prends de la distance, je veux achever mon travail ( je suis consciencieux en tout) et lui balance le bois…

Mais il n’était pas « fini mort » comme on dit ici, et il prend le bâton et remonte l’escalier pour me damer à son tour ! Patrick me demande si c’était un remake de l’épisode de la joue droite de l’Evangile. Non, c’était plutôt la version calédonienne du boomerang australien !

Quand, au coup de cloche, les deux combattants se sont séparés après moult saluts, j’ai appelé la gendarmerie. La nuit ils sont injoignables, c’est redirigé sur le PC de Nouméa qui évalue et les appelle éventuellement. Je pissais le sang un peu de partout à cause des anticoagulants. Les pompiers appelés ont fait le premier nettoyage. Mes tatouages les ont impressionnés :
ils m’ont demandé si j’étais un ancien légionnaire ! Je ne fréquente guère, encore si peu, que la Légion de Marie ! Au milieu de la nuit je suis monté au dispensaire pour le certificat médical. J’ai eu droit à un ITT de 10 jours, mais c’était surtout pour pouvoir qualifier pénalement le délit.

Le matin, c’était la messe du 15 Août, et une messe un peu spéciale car il y avait les 50 ans de Profession religieuse d’un Frère du Sacré-Cœur. Mon confrère à la retraite chez moi n’avait rien entendu ! et au déjeuner je ne lui ai rien dit pour ne pas l’inquiéter. A la messe les gens ont dû me trouver « un peu raide ». J’avais passé une convention avec le Bon Dieu : ce matin ce serait un clignement d’yeux qui remplacerait l’inclination, et deux pour les génuflexions; Je ne l’ai pas signalé à notre évêque qui fait partie à Rome de la Commission sur la Liturgie, afin de ne pas recevoir de blâme.

A propos de génuflexions… J’ai une armoire pleine de chaussures gauches :
les génuflexions cassent prématurément les pieds droits        .

Le soir, à Azareu, un coup de fil m’apprend que je viens de passer aux informations. La trouille ! J’espérais qu’il n’y avait pas un caméraman de TV1° qui trainait dans les parages à l’occasion de la Foire de Bourail !
Vous me voyez, alors que l’on allait élire Miss Foire de Bourail, sur tous les écrans, en slip, avec mon petit ventre rond, en train de me faire damer
: ce serait la fin de ma carrière ! A moins de jouer dans un remake de « la Passion », comme Bernard Tapie qui a l’art – comme les chats – de toujours retomber sur ses pieds.

Le lendemain, c’était un article dans les Nouvelles Calédoniennes, et les coups fils qui se succèdent. Je remercie ceux qui n’ont pas appelé, car c’était un supplice de m’asseoir et de me relever pour répondre. J’ai dû finir par regarder le film debout !

Sœur Danielle m’a dit de trouver quelqu’un pour coucher avec moi. J’avoue que c’est une tentation qui m’a souvent visité, mais comme Jésus à Pierre qui lui disait de ne pas monter à Jérusalem j’ai eu la force de lui dire « Passe derrière moi, Satan ».

Je suis allé à la gendarmerie pour porter plainte.  Le gendarme m’a dit que je resterai dans ses annales (deux n) : c’est la première fois qu’il reçoit un vieux curé de 72 ans qui, en slip, le bâton à la main, agresse un jeune.
Au moins ce type d’agression.

Ce matin, à Azareu, je suis allé enlever les tentures de l’Assomption pour remettre celles du temps ordinaire. Avec des gestes infiniment précautionneux. Tous mes muscles criaient. Je leur ai ordonné de se taire, comme Jésus l’avait fait à la tempête, qu’on était dans une église et pas à la foire. C’est parfois dur de faire régner un peu de discipline chez soi.

J’attends des caméras de surveillance que j’avais déjà commandées car je suis toujours incapable de décrire les gens, à part : un nez, deux oreilles et une bouche, ce qui n’aide pas beaucoup les gendarmes.

J’aimerais que l’on retrouve mon agresseur car il a un véritable talent. Je n’ai été que sa toile, et mon bâton son pinceau. Par un jeu de miroirs j’aime me contempler. Quelle maîtrise des couleurs : une véritable œuvre d’art. Mais une œuvre éphémère comme les sculptures de glace. J’aurais voulu pouvoir vous envoyer une photo, mais Nicolas Wagner n’arrive pas à en faire une de valable.

Je vous embrasse tous.

Faites circuler car, avec les changements d’ordinateurs, je n’ai plus de carnet d’adresses à jour.

Je ne sais pas combien de temps il vous va falloir attendre que j’aie de nouveau quelque chose à raconter !

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  1. la grenouille verte

1 commentaire

  1. GENDARMES:  » LA NUIT, ILS SONT INJOIGNABLES » !!!
    SI CETTE ASSERTION DU PRETRE EST AVEREE, VOILA MON COM:
    PUTAIN DE MERDE DE C… DE FLICS!!! INJOIGNABLES? MAIS CA VA PAS, NON? VOUS ALLEZ BOSSER BANDE DE FAINEANTS SURPAYES AVEC NOS IMPOTS !!!

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