DESPERUMPATES HOUSEWIVES

( vu on FB)

Dans le couple comme en politique, on ne sait jamais qui a commencé, qui a été à l’origine de la rupture, de la « rumpture ». En fait, dans les deux cas, ça a débuté de la même façon : une remarque déplacée, un écart de conduite, un soupçon, une vague rancœur, et, d’actions en réactions, de vachardises en vengeances, de drapeau en déroutes électorales, on en arrive au constat que ça y est, c’est sûr, on ne se supporte plus. Chacun de son côté, on fait le bilan, on établit le listing exhaustif des griefs amoncelés. C’est ainsi, depuis la première rencontre où l’on ne se trouvait mutuellement que charme et qualités, les doutes se sont peu à peu installés, et, après quelques années ou décennies, on finit par admettre qu’on a plus les mêmes objectifs, les mêmes valeurs, les mêmes désirs. Le soir, quand on se couche, on voit bien que la couverture que jadis on se partageait volontiers, à présent on se la dispute férocement.
Dés lors, le constat établi, vient le temps des décisions douloureuses. C’est que voyez-vous, dans le couple comme dans le parti, il n’y a pas trente-six mille solutions : l’un des deux partenaires se soumet ou c’est le divorce… Et se soumettre, pas question. On a déjà donné. Bien sûr, il y aurait la possibilité de composer encore un peu, de trouver un arrangement, un modus vivendi acceptable, mais non, on sait bien que cela n’aura qu’un temps, que cette ultime reculade n’aura pour d’autre effet, à terme, que celui de nous faire sauter conjointement, dans le même élan, de la falaise. Et puis maintenant les enfants, les électeurs, sont grands. Il ne sert à rien de dissimuler. Ils peuvent choisir.

On va donc divorcer, c’est écrit, pas moyen d’y échapper et ça coûtera ce que cela coûtera. Numéraire ou électorat volatilisés, dans l’exaspération mutuelle, on ne regarde pas à la dépense.
Et après ? Parce que c’est bien joli tout ça, on a retrouvé sa liberté certes, mais pour en faire quoi ? Rester seul ? Soirées plateau-télé où l’on ressasse son amertume ? Vacuité d’une existence retirée de la vie politique ? Non, on en est persuadé, on a encore une vie, de l’affection à donner, des idées à faire valoir. On va donc se recaser, d’une façon ou d’une autre… Mais avec quel partenaire ?
Certes, il y a bien cette CElimène, ce CElestin, qu’on a vu, au bureau, gravir quatre à quatre les échelons de la notoriété, de la popularité. Mais bon, par le passé, on en a dit tellement de mal, on a tant persiflé à son sujet, daubé sur son compte, que toute tentative de rapprochement paraitrait suspect, pour ne pas dire plus.
Alors ?

Alors, il y a celles ou ceux à qui on ne prêtait guère d’attention, ces collègues de travail qu’on ne regardait même pas, parce que trop pâlichons, trop petits, trop effacés, trop inaudibles. Et voilà qu’à présent, on se surprend à leur trouver des qualités, des points communs, on envisage la possibilité d’un idéal partagé…
Oui, cette MaRie-Chantal, ce RuPpert-Charles, ce LaMbert-Denis, ce Conrad-Patrick, dans l’esseulement d’une rupture consommée, on finit par leur trouver quelque intérêt. Mais pas FaNny, non trop vulgaire la FaNny, vraiment pas montrable… Ou alors à la nuit tombée, très discrètement…

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