Dominique Strauss-Kahn libéré sur parole

La femme de ménage qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressée sexuellement est aujourd’hui décrédibilisée par différents mensonges faits aux enquêteurs.

Présentée comme une sainte depuis le début de l’affaire d’agression sexuelle incriminant Dominique Strauss-Kahn, Nafissatou Diallo est depuis ce vendredi matin dépeinte comme une menteuse affabulatrice, qui plus est impliquée dans un obscure trafic de drogue. C’est le New York Times qui, après enquête, a découvert que la femme de ménage guinéenne de 32 ans n’était pas aussi irréprochable qu’elle avait tenté de le faire croire aux enquêteurs.

Une employée modèle…

A la fin du mois de mai dernier, Nafissatou Diallo, toujours très mystérieuse, semblait pourtant être une femme sans histoire, immigrée aux États-Unis depuis 2002, habitant dans le Bronx et présentée comme « une employée modèle ». Le gérant de l’immeuble où elle habitait il y a un an le confirme d’ailleurs volontiers au Point : « C’était une locataire sans histoire qui a vécu ici deux ans. Elle est partie il y a un an (…) Elle était très discrète. Avec sa fille, elles n’ont causé aucun problème. Elles respectaient les règles et elles ont laissé l’appartement en parfait état. » Présentée comme une victime aux États-Unis, elle incarnait celle qui ne voulait pas se laisser faire face aux grands de ce monde, dont Dominique Strauss-Kahn fait partie. Seulement aujourd’hui, le vent a tourné.

Qui cache un visage sombre

Dans son édition de jeudi, le New York Times a révélé que la femme de ménage du Sofitel de Manhattan avait un autre visage bien plus sombre. Elle se retrouve aujourd’hui soupçonnée d’avoir menti à plusieurs reprises aux enquêteurs, qui remettent en cause sa crédibilité. C’est une étonnante discussion qui a semble-t-il fait basculer l’affaire. A peine 24 heures après l’agression présumée, Nafissatou Diallo aurait évoqué au téléphone l’intérêt de ses accusations contre DSK. Seulement son interlocuteur était un détenu arrêté en possession de 180 kilos de marijuana. Avec d’autres, ce dernier lui aurait versé ,depuis l’Arizona, la Georgie, New York et la Pennsylvanie, environ 100 000 dollars (70 000 euros) sur son compte en deux ans.

Face à ces révélations, la femme de ménage a nié être liée à un quelconque trafic de drogue, et a justifié ses transferts sur son compte par le fait que le détenu est son fiancé. Les autres sont quant à eux des amis de celui-ci. Aussi, les enquêteurs du New York Times ont découvert qu’elle payait plusieurs centaines de dollars de factures de téléphone chaque mois, et ce auprès de cinq compagnies différentes. Aux procureurs, elle avait assuré ne disposer que d’un seul téléphone…

Les procureurs ne la croient plus

Si pour Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, « rien ne change sur le fait très important que Dominique Strauss-Kahn a violemment agressé sexuellement la victime », les procureurs ne sont plus du même avis. Selon le journal américain, ils « ne croient pas grand-chose de ce que l’accusatrice leur a dit à propos des faits ni à propos d’elle-même ».

Face à cela, les avocats de Dominique Strauss-Kahn vont poursuivre leur plaidoirie expliquant que leur client a eu une relation sexuelle consentie avec la femme de ménage du Sofitel. « Lorsque les preuves seront produites, il apparaîtra clairement qu’il n’y a pas eu de contrainte », expliquait d’ailleurs Benjamin Brafman, l’avocat de DSK, à l’issue de l’audience judiciaire du 6 juin dernier, lors de laquelle le politicien français a plaidé non-coupable.

Le resultat est la :Dominique Strauss-Kahn a finalement été libéré sur parole par le juge de Manhattan. Sa caution de six millions de dollars a également été levée, ce qui lui permet de quitter son appartement de Franklin Street, dans lequel il était assigné à résidence, annonce Le Figaro.

L’accusation a toutefois assuré que les poursuites contre l’ancien patron du FMI étaient maintenues, qui a réaffirmé que « le rapport n’était pas consenti ». La justice américaine a d’ailleurs conservé le passeport de Dominique Strauss-Kahn, qui devra donc rester aux États-Unis pour le moment pour la suite de l’affaire.Le juge de l’affaire a d’ailleurs confirmé que le dossier n’était « pas clos », évoquant l’existence de « nouveaux développements ». La prochaine audience reste fixée au 18 juillet.

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