Eramet juge « inconcevable » de perdre la majorité dans la SLN

NOUMEA -Le PDG d’Eramet SA (ERA.FR), Patrick Buffet, a jugé jeudi « inconcevable » de perdre la majorité dans le capital de la Société Le Nickel (SLN) au profit de collectivités publiques de Nouvelle-Calédonie, comme le préconisent des élus locaux.

« La perte de la majorité est inconcevable, on préfère vendre la SLN et partir. Nous ne sommes pas des opérateurs financiers, mais des industriels », a déclaré à la presse le patron du groupe minier français.

« Cette majorité n’est pas négociable », a-t-il ajouté.

Au travers de la STCPI, les trois provinces de Nouvelle-Calédonie détiennent 34% de la SLN, poumon économique de l’archipel, Eramet en possède 56% et le Japonais Nisshin Steel Co. LTD. (5407.TO), 10%.

La Nouvelle-Calédonie est entrée au capital de la société métallurgique et minière en 2000, deux ans après l’accord de Nouméa qui organise son émancipation politique et économique, dans le cadre d’un processus de décolonisation.

La STCPI possède en outre 4,1% du capital d’Eramet.

A l’approche de l’issue de l’accord de Nouméa, qui prévoit entre 2014 et 2018 un référendum d’autodétermination, l’Etat et les dirigeants calédoniens non-indépendantistes et indépendantistes ont lancé une réflexion sur l’élaboration d’un statut négocié.

Un schéma stratégique industriel du nickel est parallèlement en discussion pour rationnaliser l’exploitation minière, que les collectivités aspirent à mieux maîtriser face aux grands groupes.

Les indépendantistes du FLNKS ainsi que certains élus de droite souhaitent que la STCPI monte à 51% dans le capital de la SLN, au moyen d’un échange d’actions Eramet.

M. Buffet a par ailleurs appelé de ses voeux la création « d’un complexe industriel intégré » avec le géant brésilien Vale dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, où la SLN espère obtenir le gisement de Prony pour se lancer dans l’hydrométallurgie.

Il a aussi opposé une fin de non-recevoir à André Dang, président de la SMSP, gérée par les indépendantistes kanak, qui veut obtenir d’anciennes mines de la SLN, afin d’alimenter son usine construite en Corée du sud, en partenariat avec le géant de l’acier, Posco.

« On a besoin de tout, on garde tout », a-t-il asséné.

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4 commentaires

  1. Un article clair et qui fait bien le point. Un peu trop de respect pour Patrick Buffet toutefois et ses manières un peu brutales. On sait pour qui il joue. Il ne fait qu'utiliser l'argument d'autorité, comme il est habituel en France. Il n'a pas compris que le monde a changé et, comme la PDG d'Areva il croit encore que sa parole est d'or ou de …nickel. Or, il est clair que c'est au Calédoniens de gérer eux-mêmes leurs richesses et d'envisager l'avenir qu'ils souhaitent. Il n'y a rien à glaner du côté d'une "métropole" dépassée, figée, sclérosée dans ses réflexes colonialistes et post colonialistes. Manque d'imagination, paralysie des idées… Voyez la France, sans complaisance ni nostalgie. Voyez son legs, ses supermarchés, sa télé, ses journaux, son enseignement, ses intellectuels. OPuvrez l'oeil, mais un oeil objectif! Et puis, changez de modèle ou plutôt, inventez-le. Que la STCPI possède 51% des actions d'Eramet, cela paraît un minimum souhaitable, même si 75% serait plus judicieux. C'est seulement ainsi, avec un tel droit de décision prépondérant qu'on pourra songer à décliner une autonomie véritable: bilan agricole équilibré ( assez des importations dans un pays si riche, capable de tout produire), ressources énergétiques non fossiles développées, environnement respecté pour lui-même et pour les femmes et les hommes qui vivent sur le Caillou, diversification industrielle, transports, immigration nécessaire… et limitée sans doute. Il faudra aussi revoir ces vieux modèles de l'école francaise dont le bâtiment croûle de partout, revoir la fiscalité pour plus de transparence et d'égalité, de démocratie… Le chantier est énorme, mais la Calédonie peut devenir l'utopie du monde, chacun sachant depuis mai 68 au moins que l'utopie est seule réaliste, un modèle qui servira peut-être un jour à la France d'ailleurs.

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