Et Ron et Ron, Petits Patapons

Et Ron, et Ron, Petits Patapons !

Par F. Labbé

Bon. On augmente les cotisations de 0,15% (soit dit en passant, la part patronale représente les 2/3 !), on attend 2025 pour que la vague démographique nous sorte de l’ornière. Après, plus de problème : chaque Française et Français aura une longue et confortable retraite.

Et la reprise de l’activité dans tout cela ? Et la création d’emplois ?
Si rien ne change de fondamental, en 2025 non plus il n’y aura pas de chômage à 0% et les jeunes innombrables pourront se former pour des jobs (40% de jeunes universitaires, notre « nouvelle frontière » !) qui n’existent pas ou s’expatrier pour trouver du boulot ou s’inscrire au chômage. A quoi pense ce gouvernement d’amateurs ? La baguette (la braguette) magique se trouverait-elle dans la fameuse caisse à outils ?

La charrette avant les bœufs, moi, je dis ! L’urgence, dans la perspective économique libérale actuelle, serait de créer de l’emploi, de l’emploi dont bénéficieront demain les générations futures. L’urgence dans une autre optique plus ambitieuse, c’est de penser le monde et les rapports humains, les besoins autrement, c’est d’avoir des ambitions qui rompent avec les ronrons habituels qui nous mènent à l’impasse.

Pourquoi le travail devrait-il être la valeur par excellence ? Comme dans la Bible ? Il faut du travail et il faut certes travailler mais juste ce qu’il faut pour assurer la cohésion sociale et « bien » vivre. A quoi bon une croissance aberrante ? A quoi bon comme dans les supermarchés deux paquets pour le prix de trois alors que le troisième finira à la poubelle ? Les yeux plus grands que le ventre quand la raison nous dit qu’au lieu de parler de croissance économique éternelle, il faut envisager une décroissance raisonnable et raisonnée permettant à tous d’avoir certes plus que le nécessaire, mais sans l’inutile, le condamnable au regard des ressources, de l’environnement et d’une conception positive de l’Homme, qui n’est pas sur terre pour être uniquement un producteur-consommateur, des bras et un ventre !

Le vrai courage politique serait de ne plus écouter les sirènes du libéralisme économique sous tous ses avatars (à gauche comme à droite) qui signifient purement et simplement la réification de plus en plus complète des individus et d’inventer de nouvelles perspectives mettant l’individu au centre des préoccupations, développant un vrai projet pour l’Homme.

Il ne sert à rien de tourner autour du pot : soit on continue, dans le meilleur des cas, en replâtrant comme on peut, c’est-à-dire en repoussant un peu les échéances inéluctables (en matière d’environnement, de ressources, de santé publique…) soit on tourne le dos au cirque actuel et on essaye un nouveau sillon, celui d’une vie digne de l’Homme dans laquelle l’individu est la première des valeurs avec le partage équitable des richesses, le respect de l’environnement et de toutes les formes de vie, une existence dans laquelle le travail, l’éducation, les richesses ne sont que ce qu’ils devraient être : des moyens.

Il est quand même terrible de constater que, dans notre monde, soit on accepte de travailler jusqu’au gâtisme parce qu’il n’y a que cela de vrai, que le travail est présenté comme la véritable nature de l’Homme, « je travaille donc je suis », et qu’en dehors de ce travail (le plus souvent inintéressant) qui permet (dit-on) d’acquérir les hochets proposés (imposés) par un culte pervers de la consommation, il n’y a rien, soit, comme en France particulièrement, la majorité voit bien que le travail qu’on lui impose est une charge insupportable, une tromperie énorme, mais ne va pas jusqu’à envisager un changement de mode de vie, un rejet des illusions consommatrices, se réfugiant alors dans le rêve fallacieux des retraites heureuses. Dès quasiment le lycée, on ne songe apparemment qu’aux temps bénis de cette foutue retraite : on va en prendre pour quarante ans, on va se faire c…, quarante ans et des poussières pour enfin jouir… On oublie qu’après soixante-ans on n’a malheureusement plus vingt ans et que les jouissances alors…

Nos politiques passent leur temps à habiller de vieilles idées avec des frusques en apparence nouvelles, à tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes moins par malignité ou volonté de puissance d’ailleurs que par manque d’intelligence et de courage. Dans le sauve-qui-peut général, pris dans la tourmente d’une pensée qui tourne en rond et d’un système qui fonctionne sans finalité (humaine pour le moins), d’un système qui s’emballe et que personne ne maîtrise, ils essayent au mieux de préserver leur pré carré, ce qu’ils croient être leurs avantages.

Et ron et ron, petits patapons. Jean-Marc le Mou et François l’Incapable ne savent plus où donner de la tête, ne savent plus ou n’ont pas les capacités de fixer un nouveau cap, formatés qu’ils ont été par un système qui ne permet que de penser en rond, sans échappée lumineuse.

Et ron et ron, petits patapons !

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