Dans l’interview donnée par Pierre Bretegnier mercredi 21 août, celui-ci dénonce le rétropédalage de Calédonie ensemble sur les mesures de lutte contre la vie chère. Alors que Calédonie ensemble a activement soutenu la grève de l’intersyndicale, ses élus refusent de s’associer à au projet de loi de pays qui en est issu.

 

Pierre Bretegnier aussi s’étonne de ces atermoiements de Calédonie ensemble et parle de rétropédalage. Explications :

« La surprise, ça a été que Philippe Michel ne s’empare pas du dossier, parce que c’est quand même Calédonie ensemble qui a soutenu les syndicats dans cette opération, qui a trouvé que c’était normal de bloquer les entreprises, faire brûler des pneus sur la route et puis de mettre tout le monde en danger et de faire perdre des centaines de millions à l’économie. Maintenant, rétropédalage ! On ne le voit plus se présenter, alors, j’ai dit, ben, à ce moment, là, il faut que ce soit Caroline Machoro. Elle avait déclaré, elle, que sa place était avec les syndicats, de bloquer les routes. Eh ben, elle a eu l’occasion, là aussi, de choisir d’être le rapporteur de cette loi de pays, de ce projet de blocage des prix. »

 

 

 

Alors pourquoi ? Selon Pierre Bretegnier, les élus de Calédonie ensemble ne soutiennent plus aujourd’hui le gel des prix.

 

« Je crois que, dans un premier temps, ils voulaient simplement se venger contre les grandes surfaces, mais, ils se sont rendu compte, là, je pense, enfin, que ce ne sont pas les grandes surfaces qui vont souffrir du blocage des prix. Les grandes surfaces ne vivent pas de leurs marges. Les marges des grandes surfaces, les marges nettes je parle, pas la marge brute. 30 % de marge brute, ça paraît beaucoup, mais, il faut payer les loyers, il faut payer l’électricité, il faut payer les salaires avec ça, et en réalité, une fois que tout cela est payé, la marge nette, c’est 2 ou 3 %. Et, en fait, les grandes surfaces vivent surtout sur la différence entre les délais de paiement de leurs fournisseurs qui va aller jusqu’à 90 jours, peut-être qu’ils vont demander 120 jours maintenant, et puis les clients qui payent immédiatement. Et c’est cette masse d’argent qu’ils font travailler qui fait leur véritable marge financière, et non pas commerciale. Ces grandes surfaces, qu’est-ce qu’elles vont faire, compte-tenu de leurs faiblesses de leur marge commerciale ? Elles vont se retourner contre leurs fournisseurs. Et parmi leurs fournisseurs, il y a tous les producteurs locaux. Producteurs industriels, producteurs agricoles. Et donc, finalement, ce sont ces producteurs qui vont souffrir du blocage des prix. Et les autres commerçants qui, eux, n’ont pas de marge financière, c’est-à-dire les petits commerçants, sont également ceux qui vont souffrir. Et au bout du compte, ceux pour qui ça va être le plus pénible, eh bien, ça va être les plus modestes, parce qu’il ne pourra pas y avoir d’augmentation de salaire, il ne pourra pas y avoir de recrutements et d’emplois nouveaux, et donc, ce sera la stagnation des salaires et la réduction du pouvoir d’achat, avec le chômage qui ira avec. Donc, voilà le résultat de cette politique syndicaliste socialisante et qui n’a aucun fondement économique. Aucune comparaison ne peut être faite dans le monde, partout où cette politique de prix administrés a été en vigueur, ça a été un échec total. Et vous pouvez parcourir toute la littérature économique, ça n’existe pas. Donc, c’est une erreur économique majeure. »

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