Les propos polemique de Claude Gueant

« Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas ». Claude Guéant, en déclarant cette phrase devant l’association d’étudiants de droite UNI samedi soir, ne s’attendait sans doute pas à susciter la polémique. Une partie de la majorité tentent de nuancer les propos du ministre de l’Intérieur.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant confirme ses propos autour de la supériorité de certaines civilisations. « J’ai tenu des propos de bon sens, des propos d’évidence pour rappeler que toutes les civilisations ne se valent pas au regard des valeurs humanistes qui sont les nôtres » a t-il déclaré au Figaro. Ne s’attendant pas à une telle polémique, le ministre a précisé: « La civilisation a une définition dans la langue française. C’est un ensemble de caractéristiques qui forment un groupe humain: l’histoire, la culture, un héritage intellectuel et moral. Et c’est cela dont je veux parler ».

Il fallait s’y attendre, la gauche en profite pour lui tomber dessus, mais certains politiciens de droite ont à leur tour voulu nuancer ses propos. Comme Alain Juppé, qui trouve le terme de civilisation plutôt « inadéquat ». « Je reconnais que le mot de civilisation peut prêter à confusion car il a une profondeur historique qui est assez différente. Il faut éviter à tout prix le choc des civilisations. Il n’y a que le dialogue et l’échange qui peuvent être porteurs de progrès ». Pour le maire de Bordeaux, il y a au sein de la majorité des « sensibilités différentes ».

Pour Jean-Pierre Raffarin, le mot civilisation est à utiliser avec précaution: « Il ne faut pas toujours faire un amalgame entre civilisation et système politique. Sur la politique, il peut y avoir hiérarchie, sur la civilisation, la hiérarchie s’appelle l’ethnocentrisme ». Ajoutant que « Claude Guéant est meilleur ministre qu’ethnologue ». Bruno Le Maire a déclaré sur LCI que « toutes les civilisations sont respectables ».

« Nous, on se réfère aux droits de l’Homme »

Malgré ce déferlement de critique, Claude Guéant peut compter sur Thierry Mariani, le ministre des transports, qui, volant à son secours a déclaré: « Claude Guéant n’a pas établi de hiérarchie. Il a simplement dit que les civilisations ne se valent pas », déclarant ainsi qu’il est « d’accord à 100% avec lui » sur RTL.

Gérard Longuet, sur Europe 1 éteint lui aussi l’incendie : « La politique, c’est d’exprimer des convictions, on n’est pas obligés de se battre uniquement sur des chiffres économiques, on peut dire: je préfère ce modèle de société. Il y a des systèmes de valeurs. Nous, on se réfère aux droits de l’Homme (…) ça marche pas mal, on aime ça, la liberté de l’homme et de la femme, le respect des citoyens, la séparation de l’Église et de l’État, ça nous plaît » a affirmé le ministre de la Défense. Pour lui, « si on ne peut même pas dire cela, c’est la censure à tous les étages et à tous les moments de la réflexion », rapporte Le Figaro.

Jean-François Copé, sans véritablement donner son sentiment a déclaré sur France Inter: « On se focalise sur une polémique qui n’en vaut vraiment pas la peine. Le politiquement correct peut de temps en temps être mis de côté ».

Et tout ceci sans compter la gauche qui n’a évidemment pas manqué l’occasion de critiquer ,elle aussi , les propos du ministre de l’Intérieur ! Plusieurs acteurs de l’UMP se sont meme publiquement désolidarisés des propos du ministre. La gauche en a profité pour condamner ces idées.

Pierre Moscovici, le directeur de la campagne socialiste, a déclaré sur LCI que Claude Guéant « vise les musulmans, il vise l’islam ». Il soupçonne la droite de vouloir créer des « passerelles entre la droite et l’extrême droite » rapporte 20 minutes. Poursuivant: « C’est un geste prémédité, volontaire, conscient (…) et qui a été sûrement couvert par l’Élysée. Il serait bon que M. Sarkozy s’en désolidarise (…) mais il ne le fera pas parce qu’il est en campagne. Cela n’a pas été fait par hasard. J’en suis persuadé » rapporte Le Parisien. François Hollande, le candidat PS à la Présidentielle,  est allé de son petit tacle en affirmant que « Guéant ferait mieux de s’occuper de sécurité plutôt que des questions de civilisation ! ».

Le rédacteur du projet de François Hollande, Michel Sapin, sur Europe 1: « On aurait pu penser que c’était le reflet d’un manque de culture. Mais c’est le reflet de la volonté de Nicolas Sarkozy de toujours opposer une catégorie de Français à une autre, de toujours stigmatiser une religion (…) de diviser la Nation quand il faudrait la ressembler ». Voyant dans ces propos « une forme de xénophobie ». En concluant: « Si Guéant lisait Paul Valéry plutôt que les littératures nauséabondes sur les civilisations supérieures, je pense qu’il progresserait intellectuellement et politiquement ».

De son côté, la Ligue des Droits de l’Homme a publié un communiqué: « (Claude Guéant)  exhume de son tombeau le débat sur l’identité nationale lancé par Nicolas Sarkozy et que la Nation, justement, avait rejeté avec dégoût. Claude Guéant arrivera t-il, dans une prochaine déclaration, à faire reculer les limites du supportable et sera t-il toujours ministre de l’Intérieur lorsqu’il l’aura prononcée? ». Pour la LDH, c’est « une étape supplémentaire vers l’ignoble ».

Visionnez la réaction de Claude Guéant suite à cette polémique en cliquant ci-dessous:

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3 commentaires

  1. « ICH bin good cattolico »

    Au-dessus des palus infernaux, s’élève, comme un rail aérien
    enfanté par une tornade : un nouvel et noble esprit, tout hélice.
    À l’origine, ce rail était Règle faite pour taper sur les doigts,
    entre autres standards sanglants, tôt fourrés sous les jupes
    de la loi automate, fermentant, comme ottoman, en Silence,
    un Jus imaginaire, grâce auquel, nul ne l’ignore, faire mouche !
    Et si de la pourriture de ce terrible bayou où reposent Amon et
    Apophis engloutis auprès de l’humaine énergie préemptée,
    jaillissait le futur ressuscité par la plus éclatante des victoires ?

    (lire la suite sur lapetiteguerre.overblog.com)

  2. NON, TOUTES LES CIVILISATIONS NE SE VALENT PAS, GUÉANT A RAISON

    Civilisation, identité nationale, culture, religion, régime politique, régime juridique, technologie et économie communautaire, ressources et espace géographique communs sont des notions étroitement imbriquées, se recouvrant, s’englobant, se conditionnant comme des poupées russes, ou plutôt comme les enveloppes d’un organisme vivant, ou encore comme les couches de la structure terrestre.

    Pour tout groupe humain, chaque « écorce » ou « stade » engendre et conditionne la couche suivante, l’enveloppe supérieure, du plus profond au plus superficiel, du plus ancien au plus récent.

    Comme si, en usant d’une métaphore géologique ou d’un comparaison organique, plus ou moins satisfaisantes, un « noyau » ressources-espace géographique-technologie-économie générait un « manteau » religieux-juridique-politique, qui lui même engendrait une « croûte terrestre » culture-nation-civilisation, ou comme si, inversement, un « épiderme » civilisationnel et culturel recouvrait une couche musculaire juridique et politique qui elle-mêle habillait des organes internes technologiques et économiques.

    Qu’il s’agisse de l’ensemble greco-judéo-chrétien occidental, de l’espace arabo-musulman, du groupe animiste de l’Afrique subsaharienne ou de celui de l’Océanie, ou de l’aire orientale védique et confucianiste, le phénomène humain civilisationnel est le même.

    Chaque « épaisseur » est liée aux autres et en dépend, et vouloir les isoler et les séparer en prétendant par exemple que la « civilisation » est totalement indépendante du « régime politique » est illusoire et mensonger.

    Ces illusions et ces mensonges sont omniprésents et perpétuels dans les réponses polémiques aux propos de Claude Guéant et aux affirmations de la droite nationale. Comparer et hiérarchiser les civilisations est immédiatement, mécaniquement et commodément assimilé aux thèses racistes et aux démarches nazies. Les intégristes du relativisme et du « tout se vaut » atteignent aussitôt le point Godwin gratifiant leurs contradicteurs de fascisme et leur interdisant à ce titre et à bon compte toute parole et toute légitimité.

    Or pour toute communauté humaine, ressources et espace géographique communs (plus ou moins favorables, plus ou moins étendus) conditionnent et génèrent sa technologie et son économie communautaire, cette technologie et cette économie communes (plus ou moins figées ou évolutives, plus ou moins répandues) conditionnent et génèrent ses phénomènes religieux, ses structures juridiques, son régime politique (plus ou moins figés ou évolutifs, plus ou moins propagés), cette couche politico-juridico-religieuse conditionne et génère son identité culturelle, nationale et civilisationnelle (plus ou moins extensive, plus ou moins sommaire ou complexe, plus ou moins sclérosée ou en progrès), donc en un mot engendre la « civilisation », une civilisation, notion qui résume et englobe l’ensemble, du plus interne au plus externe, civilisation plus ou moins fermée, refermée, plus ou moins ouverte, perfectible, plus ou moins libératrice, plus ou moins humaniste, plus ou moins universelle, en un mot plus ou moins « valable » comme l’exprimait justement Claude Guéant, si scandaleusement au yeux des « bien-pensants ». Le critère d’évaluation est le degré de complexification, de masse culturelle, de conscience, d’individualité et donc de liberté dans cette civilisation, comme il l’est dans la comparaison des cerveaux des différents organismes vivants, plus ou moins massifs, denses, « repliés », compliqués, « circonvolutionnés », plus ou moins aptes à la mobilité, à la mémoire et au choix.

    A-t-on encore le droit de voir et formuler le meilleur et le pire ? A-t-on encore le droit de préférer le meilleur au pire ? Est-on obligé d’aimer toutes les musiques du monde ? Toutes les coutumes de la terre ? Toutes les civilisations ? Que l’homme y soit ou non enfermé par les dieux, que la femme y soit ou non enfermée par l’homme ? Que l’homme et la femme y soit ou non des personnes, des personnes libres, libres de choisir, de se choisir, et de devenir ensemble libres et heureux comme des dieux ?

    CELLES QUI DISAIENT  » MADAME C’EST VRAI / ON A RIEN COMPRIS AU SUJET  »

    La civilisation a poussé en trois endroits dans les alluvions des grands fleuves, riches en bovins, ovins et porcins, il y cinq mille ans, avec agriculture, villes et écriture : dans le croissant fertile méditerranéen et mésopotamien, sur les rives de l’Indus, sur le limon du Fleuve Jaune. Tous les types humains figuraient dans cette aventure. Chaque tronc a développé et projeté des branches variées, chaque civilisation s’est ramifiée. Certaines « branches » ont séché, ou végété, d’autres se sont enroulées sur elles-mêmes ou se sont dirigées vers le bas, d’autres encore ont continué à évoluer et à pousser vigoureusement vers la lumière.

    À propos de la comparaison des civilisations, à aucun moment, ni chez Guéant, ni chez Ferry, ni dans le texte introducteur de cette discussion, il n’a été fait mention de « races » ou d’ethnies ! Tous les individus humains se valent, dans leurs capacités, dans leurs potentialités et dans leur perfectibilité, quelle que soit leur couleur, quelle que soit leur morphologie, même si les cultures et les civilisations qui furent leur berceau constituent des chances inégales pour leur évolution et pour l’éclosion de leur liberté.

    Mais il existe une pensée binaire contemporaine qui aime réduire tous les sujets, toutes les questions, toutes les analyses à des alternatives assez sommaires et qui s’est accoutumée à passer la réalité au crible d’une grille à deux trous assez facile : blanc / noir , racistes / pas racistes, gentils / méchants , riches / pauvres, exploiteurs / exploités, nature / société, héros / salauds etc…

    Prémices de la pensée, de la logique et du jugement tout à fait admissibles au stade de l’adolescence, qui mûrissaient autrefois dès que les classes de quatrième et de troisième étaient passées, mais qui semblent aujourd’hui perdurer fort tard, voire même s’éterniser, genre « C’est la faute à la société » ou « Tout est relatif ! » ou encore « Faut pas généraliser… », répétés encore à satiété par des trentenaires.

    Un peu comme si les filles de 1973 de Vincent Delerm restaient à trente ans les mêmes que « Celles qui faisaient des exposés / Sur l’Apartheid et sur le Che », que « Celles qui disaient « tu comprends pas » « , que « Celles qui disaient « Madame, c’est vrai / On n’a rien compris au sujet »  » …

    STRATÉGIE ET CULTURE DE LA VIOLENCE

    Et les civilisations, en dehors du fait évident de ne pas se valoir, ne sont globalement pas solubles l’une dans l’autre, même si les personnes, individuellement, volontairement, peuvent toujours se hisser et s’assimiler dans une civilisation autre que celle de leur origine, plus consciente, plus aimante, plus libre et plus démocratique.
    Cet échange illustre bien à ce sujet le déni de réalité de la gauche et le réalisme lucide d’un Ferry :

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_EEauPd-VWo

    NON LETCHIMY ! TU AS TORT

    Lors des questions au gouvernement, le député de Martinique apparenté PS Serge Letchimy a pris la parole pour dénoncer de façon virulente le discours de Claude Guéant sur les civilisations qui « ne se valent pas ». « Mais vous, M. Guéant, a-t-il ajouté, vous privilégiez l’ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration ». « Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? ».
    Il évoque aussi dans sa lettre ouverte au ministre  » la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages » et « … ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… « .

    La civilisation occidentale gréco-judéo-chrétienne, puissamment évolutive, a produit un haut niveau de conscience, de conscience d’elle-même et, par conséquent, une capacité unique à la libre autocritique. Cependant, quand les excès de cette autocritique conduisent à la haine de soi, souvent partagée par une certaine gauche, quand les Letchimy s’installent dans ce ressentiment et cette exigence de repentance perpétuels, dans cette idéologie primaire et fallacieuse et dans cette situation de « rentier de Histoire », il convient de remettre les pendules à l’heure.

    Toutes les civilisations ont connu en interne, à différents moments, le totalitarisme et des régimes totalitaires, le génocide et l’élimination massive de minorités, l’esclavage et la traite d’humains par millions, ainsi que toutes les formes de conquête et de colonisation.

    À côté des dictatures stalinienne et nazie, à côté du génocide juif et à côté de la traite des esclaves noirs vers les Amériques, au sein de la civilisation occidentale, n’oublions pas, au sein de la civilisation arabo-musulmane, les dictatures armées souvent héréditaires et sanglantes (Lybie, Syrie…), le génocide arménien par la Turquie et les Ottomans et la traite des esclaves la plus longue et la plus massive de l’Histoire, qui a alimenté en esclaves noirs le monde musulman qui, à son apogée, s’étend sur trois continents, de l’océan Atlantique (Maroc, Espagne) à l’Inde et l’Est de la Chine.
    Aujourd’hui, le ministère des Affaires Etrangères français n’arrive pas à mettre fin aux pratiques esclavagistes des diplomates arabes. Les pratiques esclavagistes, à l’égard de domestiques, en France, du fait des personnels diplomatiques du monde arabe n’est que le prolongement de l’esclavage qui sévit dans leur pays d’origine.
    L’ouvrage, écrit par Malek Chebel, intitulé l’esclavage en terre d’Islam, publié aux Editions Fayard, » en 2007, confirme l’existence persistante et à large échelle de l’esclavage dans les pays arabes et musulmans. «L’esclavage existe toujours en terre d’islam. Au pire, on le nie, au mieux, on le tait. »

    N’oublions pas, au sein de la civilisation africaine subsaharienne, le totalitarisme sanglant de nombreux roitelets tragiques (Idi Amin Dada, Mugabe…), le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda ainsi que la traite négrière interne à cette Afrique, dont les traces n’ont pas encore disparu au Soudan et en Mauritanie.

    N’oublions pas au sein de la civilisation extrême-orientale les dictatures de la Corée, de la Birmanie, de la Chine, le génocide des cambodgiens par les Khmers Rouges et le million de victimes de la Révolution culturelle de Mao de 66 à 76, l’esclavage omniprésent, par exemple en Chine , ancienne, pré-moderne et même moderne. L’abolition de l’esclavage intervient en Chine en 1909, cependant, encore en 1930, on y estime à 4 millions le nombre d’enfants en esclavage et actuellement de nombreux cas d’esclavage sont mentionnés, notamment ces centaines d’enfants esclaves travaillant toujours dans les fours à briques.

    Non Letchimy, docteur en urbanisme, député et président du conseil régional de la Martinique, non Letchimy tu as tort, la civilisation occidentale n’a pas à rougir en face des autres civilisations sur la question de l’esclavage, de la dictature et des génocides ! De tels penchants de la part d’éléments « nourris » et favorisés par tous les atouts supérieurs de leur civilisation mettent davantage en examen leur psychologie et leurs motivations que cette civilisation elle-même.

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