Noumea: Que faire pour remonter les moyennes des élèves? Réponse : virer le prof.

Ce matin en surfant sur la toile comme a mon habitude , je tombe sur un article dans lePost.fr écrit par une de chez noz’aute 😉 aucune hésitation , je partage :

« Je sais que pour la plupart d’entre vous vous êtes encore en vacances (le post a été publié le 28 août, ndlr) mais ici en Nouvelle Calédonie, on est en plein milieu de l’année.

Enfin « on » sauf moi car j’ai été suspendu par le Vice-recteur, en personne, six semaines après avoir posé les pieds sur l’île. Un parent d’élève-collègue surveillant-et surtout « local » aurait déclaré que ma « tête ne lui revenait pas ». Etonnament, l’inspectrice débarque juste après et, à mon grand étonnement, lui donne raison car, soi-disant, je traumatise les élèves avec des exercices trop difficiles et des propos décourageants.
Le principal a alors courageusement retourné sa veste en écrivant au Vice-recteur, en toute objectivité, que « certains élèves rentrent en pleurs à la maison ».

Evidemment comme vous vous en doutez, l’ambiance dans la classe est beaucoup plus détendue que la version administrative ne le prétend et les enfants font du coloriage dans mon cours…de maths, refusent ouvertement d’aller au tableau corriger un « exo » ou dorment carrément sur leur sac fermé en guise de coussin.

Tout ce lynchage n’est malheureusement pas nouveau (encore que : je n’ai pas trouvé de cas, sur la toile, où un professeur était suspendu pour « excès de punitions ») mais ce qui est vraiment surprenant c’est que l’inspectrice me reproche, dans son rapport (noir sur blanc), les moyennes de deux classes : 5/20 et 7,3/20 qui, je cite, « ne favorisent guère une bonne ambiance de travail dans la classe et détruisent les relations professeur-élèves ». Un peu avant cette profonde analyse, elle s’étonne même que, « face aux notes obtenues par la totalité des élèves » de 4° au dernier contrôle, je « ne fasse pas plutôt ma propre critique en reconnaissant que cette évaluation est inadaptée au niveau de la classe, ou que mon enseignement n’a pas permis à la majorité d’entre eux d’accéder aux apprentissages visés. » Et tout cela « à la mi-trimestre ». C’est encore plus beau. La prochaine fois, je rappellerai simplement aux élèves que tout est de ma faute au lieu de leur signaler qu’ils confondent l’addition et la multiplication.

Alors questions : aviez-vous déjà vu cela de la part d’une inspectrice? et ne vient-elle pas, sous l’aval du Vice-recteur qui s’est appuyé sur son rapport pour me suspendre (et maintenant me muter d’office…), de rendre officiel le but réel de l’Education Nationale : gagner du temps avant que les enfants en difficulté s’aperçoivent qu’il est trop tard.

Epilogue. Comme le Vice-recteur me laisse deux semaines, en pleine année scolaire, pour transporter ma famille à plus de 200 Km à la nage et qu’on n’est pas des bêtes, je vais être radié pour abandon de poste. Pas besoin de démissionner pour libérer une place.

Note de la rédaction.

Contacté par Le Post, le vice-rectorat réfute cette version et indique que « l’enseignant n’a pas été muté en raison des notes qu’il a attribuées aux élèves mais parce qu’il n’a pas su s’adapter au contexte singulier du poste sur lequel il a été affecté. »

Pour le vice-rectorat, le professeur avait été mis au courant au moment de sa mutation qu’une « affectation dans ces territoires implique de la part des candidats un engagement professionnel et une capacité d’adaptation importants », précisant que « la langue maternelle de nombreux élèves étant autre que le français, les personnels affectés auront à mettre en œuvre des pratiques pédagogiques adaptées. »
« La dégradation des relations de l’enseignant avec sa hiérarchie et avec certains parents d’élèves indique qu’il n’a pas réussi son intégration », juge le cabinet du vice-recteur qui n’estime « pas opportun de fournir davantage de détails », une procédure devant un tribunal administratif étant en cours. »

Cette article a été assez plébiscité et pas mal commente … la majorité s’accorde sur un point essentiel :c’est triste mais l’état abandonne ses fonctionnaires et glorifie les sous doués..

je finirais pas ses mots: Assurez financièrement vos arrière, ne donnez pas raison à la kommandantur en démissionnant.courage! Et essayer de nous tenir au courant.

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3 commentaires

  1. merci de relayer cette information fort instructive sur la gestion des élèves. Comment enseigner efficacement dans de telles conditions?

    Si par hasard, quelqu'un avait un travail pour un ingénieur-prof radié, je suis preneur.

  2. Il est navrant de constater qu’à chaque fois que l’état procède à des coupes budgétaires, le portefeuille de l’enseignement est systématiquement touché. Une démographie croissante et un nombre de profs et de surveillants en diminution… logique? Non, politique.

    L’instruction n’est pas l’intelligence, mais l’enseignement à la française, au même titre que la médecine et la technologie de pointe, est un model qu’il faut préserver et apprendre.

    A tous les enseignants, bon courage à vous. Aux parents, jouez votre rôle… car un peuple instruit est un peuple fort.

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