P. Schyle à Nouméa :  » Sur le plan politique et institutionnel, des liens formels vont se nouer »

A quelques jours de son départ pour la Nouvelle-Calédonie, le président de l’assemblée, Philip Schyle, revient sur la convention qu’il s’apprête à signer. Selon lui, le partenariat entre le Congrès de Nouvelle-Calédonie, l’assemblée territoriale de Wallis et Futuna et l’assemblée de la Polynésie française devrait permettre aux trois collectivités de nouer des liens formels. Interview.

Vous partez en mission vendredi en Nouvelle-Calédonie. Quel en est le but ?

Lors de cette mission, je serai accompagné par un représentant de chaque groupe politique de l’assemblée de la Polynésie française. L’objectif de cette mission, c’est principalement de formaliser une convention de partenariat entre le Congrès de Nouvelle-Calédonie, l’assemblée territoriale de Wallis et Futuna et l’assemblée de la Polynésie française.

Quelles sont les implications de cette convention?

Ce qui sous-tend cette convention, c’est le principe d’un partenariat basé sur des liens d’amitié, mais en même temps des liens que je qualifierais de naturels entre ces trois collectivités puisque nous sommes trois collectivités françaises. Malheureusement, ce sont des collectivités qui, par le passé, n’ont jamais véritablement noué de liens suffisamment forts pour que ceux ci arrivent à franchir toutes les difficultés, les changements de gouvernement ou les changements de direction, au niveau de nos assemblées respectives. Le partenariat qui est proposé, dans cette convention, repose sur l’idée d’un échange de compétences, un échange de savoir-faire et d’idées sur des thématiques ou problématiques communes… Qu’elles soient d’ordre économique, d’ordre social ou démographique… Deuxièmement, cette convention repose également sur l’idée de mutualiser nos opinions, de nous fédérer vis à vis de décisions ou de propositions de décisions émanant de l’État.

C’est-à-dire?

Régulièrement, nos trois assemblées reçoivent des demandes d’avis de la part du gouvernement de la République sur des projets d’ordonnance ou, parfois, sur des projets de loi devant être examinés par les institutions métropolitaines. Jusqu’à aujourd’hui, chaque assemblée donne son propre avis. Il n’y a jamais eu de concertation. Pourtant, on constate que la plupart du temps ces projets de textes ont une portée qui est parfois non négligeable pour nos trois collectivités françaises. Donc, ce qui est proposé c’est qu’on puisse nous coordonner d’avantage et que l’on puisse se fédérer aussi lorsque l’État vient à prendre des décisions qui peuvent être lourdes de conséquences dans la vie économique et sociale de nos trois collectivités.

Vous faites allusion à la réforme de l’ITR (indemnité temporaire de retraite)?

Dans le cadre de la réforme de l’ITR, selon moi, si nous nous étions fédérés et coordonnés, à l’époque, je pense que la décision finale aurait été différente que celle que nous avons connue aujourd’hui. Et puis, il y a également une troisième idée qui est sous-jacente à cette convention c’est que, annuellement, nous puissions nous retrouver quelques jours, alternativement dans l’une ou l’autre des trois collectivités. Y serait organisée une espèce de congrès, par exemple, qui puisse regrouper les élus de nos trois assemblées et confronter, partager nos opinions sur des problématiques les plus diverses.

Dans les faits, cette convention va se traduire comment ?

Dans les faits, cela s’est déjà mis en place puisque – il y a quelques mois de cela – nous avons reçu le secrétaire général du Congrès calédonien qui a souhaité venir une semaine ici afin de s’informer sur le mode de fonctionnement de l’institution polynésienne et des services de l’Assemblée. Dans les faits nous avons aussi déjà commencé à échanger un certains nombre de textes. Assez régulièrement, des chefs de services ou des membres de mon cabinet appellent leurs homologues en Nouvelle-Calédonie pour avoir des textes ou leur avis sur la manière dont eux-mêmes ont pu gérer certaines situations problématiques que l’on peut retrouver aussi ici. (…) Il y a déjà des liens et des échanges entre nos trois collectivités. Ces liens et ces échanges ne se situent malheureusement pas au niveau institutionnel , et pas trop au niveau politique. (…) Ce qui manquait c’est des liens politiques forts, des liens institutionnels forts. En la matière, il est vrai que les communes sont déjà dans cette mouvance (…). Ce qui va se passer à Nouméa dans quelques jours  – à mon sens – n’aura rien d’exceptionnel par rapport à tout ce tissu d’échanges qui existe déjà. En revanche, là où l’évènement mérite d’être marqué c’est que, enfin sur le plan politique et sur le plan institutionnel, et notamment entre les trois collectivités françaises du Pacifique, des liens formels vont se nouer.

En octobre 2008, le président Gaston Tong Sang avait souhaité, entre les gouvernements polynésien et calédonien, la signature d’une convention de partenariat qui, finalement, s’est changée en lettre d’engagement moral à signer ultérieurement. La convention a-t-elle enfin été étudiée par le Congrès ?

Ce projet de partenariat, qui devait être formalisé par une convention, se heurte à quelques difficultés. On les avait déjà identifiés, à l’époque où – avec Gaston Tong Sang – nous nous étions rendus en Nouvelle-Calédonie puisque le projet de convention qui avait été proposé, à l’initiative de la Polynésie française, pouvait avoir des incidences au niveau de l’emploi, notamment. Cela avait suscité de nombreux débats en Nouvelle-Calédonie. Je crois que, pour l’instant, cela perdure un petit peu. J’en avais parlé l’année dernière à mon homologue, Harold Martin, lequel m’a assuré que le texte faisait toujours partie des dossiers que le Congrès doit examiner mais que… pour l’instant, il ne figure pas à l’ordre du jour des prochaines séances. Ce que j’envisage de faire, lorsque je serai à Nouméa, c’est d’essayer de faire avancer ce dossier qui me semble être important entre nos deux gouvernements, polynésien et calédonien.

Qu’en est-il des projets de partenariat avec la Nouvelle Zélande et le Queensland en Australie?

Ce projet en est resté au niveau des rencontres qui se sont tenues en juillet dernier avec le président de l’assemblée législative du Queensland ainsi que le président du Parlement de la Nouvelle Zélande.  Ce travail doit être poursuivi et affiné au niveau des relations.. Qu’elles ne restent pas purement amicales. On avait convenu d’échanger sur des problématiques communes qui doivent encore être listées. Pour ma part, j’ai souhaité prioriser le partenariat avec les deux autres collectivités françaises, car pour moi c’est la priorité. Dans un deuxième temps, j’avais envisagé de travailler d’avantage sur le partenariat avec l’Australie et la Nouvelle Zélande. J’espère que ça se fera.

Justement, pensez-vous pouvoir mener ce projet à son terme alors que le mois d’avril devrait voir un nouveau président de l’assemblée au perchoir ?

Seul l’avenir le dira.

Comment la majorité se porte-t-elle ?

Pour l’instant, elle se porte bien puisque je sais qu’il y a des rencontres qui se font pour préparer des dossiers et notamment la prochaine session extraordinaire. Normalement, est prévu un collectif budgétaire la première semaine de mars.

(Sources:Tahiti presse)

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1 commentaire

  1. Tiens donc, depuis les projets industriels il va y'avoir de plus en plus de mouche (à miel). En tout cas, je pense qu'ils ont plus besoin de nous que le contraire.
    (j'ai des liens parenté avec des tahitiens et wallisiens d'ici (de notre pays)).

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