Pour Sarkozy, Hollande n’aime pas la France

En meeting dimanche à Marseille, le candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy s’est montré particulièrement virulent et offensif principalement à l’égard de son adversaire François Hollande. Le président-candidat s’est notamment félicité d’avoir su « éviter la catastrophe » lors de son quinquennat.

C’est dans une ambiance survoltée que les 15.000 personnes du Parc Chanot à Marseille ont accueilli le candidat Nicolas Sarkozy, tel une rockstar.

Lors de ce premier grand rendez-vous de campagne, le chef de l’Etat est revenu sur le bilan de ces cinq dernières années. Très critiqué par l’opposition, Nicolas Sarkozy a tenu à rappeler qu’il a « évité la catastrophe ». La crise économique comme élément perturbateur, voici sa ligne de défense mais pas seulement, il reproche à ses prédécesseurs d’avoir « sacrifié l’avenir au présent ». « La vérité, c’est que la France n’a pas été emportée (par la crise) nous avons réussi à éviter la catastrophe ».

« Si les Français ont souffert de la crise, c’est à proportion des erreurs qui avaient été commises et qui ont affaibli la France (…) Tant de retards avaient été pris. Jamais autant de réformes n’ont été accomplies depuis le début de la Vème République. Ces décisions difficiles, je les assume. Si je ne les avais pas prises à temps, où serions-nous aujourd’hui? » rapporte Les Echos.

Devant ses milliers de sympathisants et quelques uns de ses ministres, le président a assumé ses erreurs et avoue n’avoir « pas toujours réussi » : « Je n’ai pas toujours réussi ce que j’ai entrepris mais chez Seafrance, chez Lejaby, chez Photowatt ou chez Alstom, il y a des ouvriers qui sont soulagés de ne pas avoir été abandonnés ».

Quelques semaines auparavant, les médias faisaient état d’un président au plus bas moralement, sans motivation. Dimanche, Nicolas Sarkozy a voulu montrer le contraire, en se donnant l’image d’un candidat dans l’action, courageux et surtout en phase avec son slogan de campagne qui prône une « France forte ».

« La volonté ne peut pas tout, mais sans volonté, on ne peut rien (…) La France sortira plus forte de cette épreuve » a t-il dit.

Sans le nommer, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué l’occasion d’égratigner François Hollande. Le candidat socialiste est selon lui dans « la facilité, la démagogie, le mensonge. Un jour, on nous annonce le retour de la retraite à 60 ans. Le lendemain, on nous dit qu’il fallait comprendre autre chose. On ne sait toujours pas quoi et on se demande même s’il yavait quelque chose à comprendre ».

Ajoutant : « Quand on aime la France, on ne ment pas tous les jours aux uns pour faire plaisir aux autres. On dit la vérité aux Français sur ce que l’on veut faire ». En référence notamment au double discours tenu par le député de Corrèze sur le monde de la finance tantôt socialiste à Paris, tantôt libéral à Londres. Nicolas Sarkozy concluant: « Thatcher c’est son modèle, pas le mien ».

et pendant que  François Bayrou qui monté au créneau , le candidat centriste à la Présidentielle, qui aura un rôle de perturbateur lors du premier tour de l’élection, fustige certaines incohérences de Nicolas Sarkozy tenues lors du meeting à Marseille, dimanche.

Le candidat du MoDem ne voulant pas donner l’exclusivité de la campagne à Hollande et Sarkozy.

Au sujet du candidat de la droite, « plus c’est gros, plus ça passe », il a énoncé « deux perles » lors de son meeting dimanche selon le leader centriste. François Bayrou ne comprend pas comment Nicolas Sarkozy peut affirmer que le chômage n’avait pas « explosé » ces cinq dernières années. « Si un million de chômeurs de plus en cinq ans, ce n’est pas une explosion du chômage, alors on a la certitude que les mots ne veulent plus rien dire ». Marielle de Sarnez, la vice-présidente du MoDem estime que le candidat sortant ne devait pas « tout à fait vivre dans le même pays » au regard de ces chiffres. « Je l’ai entendu hier se satisfaire de l’Etat de la France en disant que finalement on s’était mieux débrouillé que tous les autres dans la crise économique. Je ne partage absolument pas son point de vue et je crois que les Français ne partagent pas son point de vue » précise t-elle sur France Inter.

Concernant le modèle allemand: « Et puisqu’on parle de l’Allemagne tout le temps, l’Allemagne débauche dans ses agences locales de l’empoi parce qu’il n’y a plus de chômage. Alors, l’Allemagne est un pays qui a continué de s’enrichir et la France est un pays qui a continué de s’appauvrir » rapporte Le Parisien.

De plus François Bayrou a fustigé la volonté de Nicolas Sarkozy de préserver les générations futures du remboursement de la dette publique, ce à quoi le candidat centriste a répondu: « Tu parles! Depuis cinq ans, 500 milliards de dettes de plus ont été mis sur le compte des enfants ». François Bayrou, qui prône l’achat français, déplore: « la France coule (…) parce que nous ne produisons plus en France » rapporte 20 minutes.

Quant a Hollande , le premier interessé Cible des attaques de la droite, François Hollande affirme ne pas vouloir entrer dans « la violence et l’insulte » et souhaite continuer sa campagne sous le thème de « la Force tranquille ».

Si la campagne entre la droite et la gauche était un combat de boxe, Sarkozy serait le puncheur et Hollande celui qui esquive, l’essentiel étant de donner le coup fatal au bon moment. Accusé de « mensonges » par la droite, François Hollande souhaite ne pas entrer dans le jeu de la petite phrase, qui selon lui s’apparente à une « cour de récréation ».

Le candidat socialiste, sans attaquer frontalement son rival, préfère la jouer en finesse, se donnant la rôle du gentil: « Ne jamais être le méchant » a t-il répété ce weekend. « La violence et l’insulte, c’est un signe de faiblesse. Quand on est résident sortant, on doit être fier de ce qu’on l’on a fait, on doit même ignorer ses concurrents. On doit porter une politique » affirme t-il sur BFMTV. Le député de Corrèze fait allusion à « l’obsession » de Sarkozy pour lui lors du meeting à Marseille, dimanche.

La critique principale du moment par la droite concerne le double discours sur le monde de la finance, jugé flou. « Je maintiens que la finance est notre adversaire quand elle devient folle ». Puis ironisant sur l’appel au peuple de Sarkozy, Hollande poursuit: « De quel peuple s’agit-il? Du peule de l’argent? (…)Qui sont ses soutiens? Les principaux dirigeants des grandes entreprises françaises? Oui sûrement ! Les banquiers qui, pour beaucoup, lui doivent leur nomination? Oui sûrement ! ».

Le maire de Paris, Bertrand Delanöe a affirmé pour sa part que Sarkozy usait de « la stratégie du bruit pour qu’on ne parle pas de son absence de réalisation pendant le quinquennat » rapporte Libération. Manuel Valls, le directeur de communication du PS estime que le discours du président-candidat  était celui « d’une vieille droite, rance, mesquine ». Ajoutant sur France Info « Il ne faut pas laisser Nicolas Sarkozy abaisser le niveau du débat et abaisser le niveau donc de la France ». « Pour aimer la France il faut aimer les français et lui n’aime pas les Français » rapporte Le Parisien. Concluant que le député de Corrèze « a un comportement de chef d’Etat. Nicolas Sarkozy a un comportement de chef de clan ».

Pierre Moscovici, le directeur de campagne PS a jugé « un président qui n’était vraiment pas à la hauteur de sa fonction et dont le meeting était de nature à dégrader le débat public ». « La campagne de François Hollande est d’une autre catégorie, plus noble ». Arnaud Montebourg (ps) estime que Sarkozy « est le candidat de l’argent, par l’argent et pour l’argent » rapporte Le Parisien.

Dans un communiqué, Claude Bartolone, le député PS de Seine saint-Denis déclare: « Le candidat Sarkozy a prononcé à Marseille le discours d’une France du passé, avec le recyclage de propositions  de 2007, et d’un candidat dépassé, avec l’incapacité d’apporter la moindre réponse nouvelle face à l’augmentation du chômage et des déficits. (…) Sarkozy manque de souffle, mais il ne manque pas d’air (…) son bilan discrédite sa parole ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *