Rendons la paroleau peuple caledonien….ou pas


Au parc Fayard le 22 juin 2013 le député de Calédonie Ensemble – UDI à affirmer vouloir « rendre la parole au peuple Calédonien, pour un choix d’avenir éclairé et apaisé ».
Mais de quel parole et pourquoi la rendre ? Un choix d’avenir éclairé, mais quel éclairage nous propose Calédonie Ensemble ? Apaise t-il le débat ? Et à qui s’adresse t-il ?

« La paix, condition essentielle du destin commun » est non seulement une évidence, mais un fait que chacun pratique avec les moyens qu’il dispose et sa compréhension de la situation. Nous sommes tous d’accord que chaque citoyen possède une conscience et a pris acte de sa responsabilité face à l’histoire de ce modeste pays et prendre part au pari à travers l’échange, le partage des idées est un élément essentiel à la vie démocratique et institutionnelle que nous héritons par le fait et la grâce politique de l’accord de Nouméa.

Il suffit de lire les contributions dans cet espace libre Facebookien pour ce rendre compte que la parole est libre, ouvertement libre à l’expression ordinaire ponctuée par l’analyse et une volonté citoyenne de s’impliquer, de peser sur les évènements qui ponctue l’actualité politique sociale, culturel, économique sur cette île que les publicitaires considèrent comme la plus proche du paradis ou proche de l’enfer…c’est selon.

Si je comprends bien, Philippe GOMES veut qu’on lui rende la parole, c’est à lui seul qu’il s’adresse en tant que grand timonier. Il veut que les électeurs de droite lui donne l’espace d’expression aux prochaines élections en 2014. C’est effectivement ce désir personnel qu’il veut partager que l’ensemble des électeurs de la droite incarne, par l’action d’un simple bulletin dans l’urne. Mais seul le grand Philippe apporte son éclairage.

Mais comment apporter un éclairage, lorsque que l’on considère l’accord de Matignon-Oudinot et l’accord de Nouméa comme quelque chose du passé et qu’il conjugue à l’imparfait en considérant sous la forme d’une question « Pouvons nous trouver une solution consensuelle, qui maintiendrait, pour la troisième fois de notre histoire, la Nouvelle-Calédonie au sein de la République ? Il y a dans cette interrogation une résonance très connue « il faut purger cette fâcheuse question de l’indépendance ».

Il faut bien trouver un bouc émissaire, le grand Philippe sans scrupule trouve par miracle le fameux « patient désigné » chère à l’analyse systémique…les indépendantistes ces empêcheurs de tourner en rond, qui ne témoigne par une indifférence sans nom à cette « solution consensuelle» au sein de la République. Etrange paradoxe, lorsque que l’on sait que les indépendantiste compte sur le respect de la parole de l’Etat. C’est quand même fou, bien que j’apprécie l’audace d’une certaine folie. Dans cette débandade lyrique, le grand Philippe reprend à son compte l’émoi lucide (concernant les deux drapeaux) du fameux Pierre F. Le grand Philippe veut convaincre et c’est aux électeurs du R-UMP qu’il s’adresse. C’est avec une la grandiloquence d’une « ultime concession » qu’il récupère allégrement, un argument du R-UMP pour affirmer sa prestance.

Oui les indépendantistes veulent et l’affirment cette volonté d’accéder à une souveraineté pleine et entière. Une option qui est inscrit dans l’accord de Nouméa. Oui nous sommes dans ce qui s’apparente à un processus de décolonisation. Oui nous exerçons et assumons les compétences transférées. Oui nous participons à la vie institutionnelle de ce pays au sein de la République, pour l’instant. En quoi nous sommes réticent à une « solution consensuelle » accessoirement « au de la République ». Nous sommes de toute évidence confrontés à des difficultés à exercer les transferts de compétences et alors ! N’avons pas les moyens, le temps et l’ambition de faire face à ces responsabilités ? Oui nous dépendons des 140milliards que l’Etat nous verse gracieusement et que nous rechignons à proposer une fiscalité efficace et qui comble objectivement cet apport de l’Etat. Que certain freine des quatre fers pour maintenir cette dépendance, l’Etat se préoccupe de nous donner l’occasion de se prendre en charge et qu’on fasse preuve d’imagination pour trouver des recettes tant désirées et qui d’ailleurs s’imposent aux collectivités. Nous n’avons pas le choix, c’est une obligation.

Le scénario « le référendum de l’accord de Nouméa conduirait au chaos ». J’avoue, que l’ait pas vu venir et je m’excuse de ne pas être au fait du service de communication de Calédonie Ensemble. Mais l’idée de cultivée la crainte, les petites et les grandes frayeurs est toujours une bonne affaire dans la période électorale qui s’annonce. Je me demande toujours comment un politique de cette importance, le dénommé Philippe le grand s’inscrit dans une forme de désinvolture. Nous avons bien eu un référendum pour l’accord de Matignon ? Est ce que nous avons eu l’once d’une catastrophe ou d’un chaos ? Non !…même pas un mouvement fébrile d’un battement papillon qui annonce le début d’une catastrophe. Et encore moins une influence sur le changement climatique de cette modeste planète.

Mais alors c’est quoi qui pose problème ? Ah oui le référendum n’est pas suffisamment éclairé !

Ah bon ? L’accord de Nouméa est suffisamment limpide et sa loi organique le précise pour donner le cadre d’une définition pour ceux qui aspirent à l’exercice de la pleine souveraineté et à d’autre le cadre juridique pour maintenir une relation de « maintient » de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République. Est ce que « l’ultime concession » est de proposer une synthèse des deux ?

Je ne vois rien dans les propos de Philippe le grand qui engage dans cette synthèse. Si synthèse il y a. Il faut que nous commençons à réfléchir à l’élaboration d’une constitution en s’appuyant sur l’expérience des îles Fidji en faisant l’économie des tentative des « dictateurs aux petits pieds » pour reprendre l’expression de Philippe le grand. Cela veut dire que nos institutions doivent reprendre un peu de vigueur et de nous remettre à la tache avec un plus de sérieux sur les responsabilités qui nous incombent.

Une façon d’apporter une réponse tangible à la quadrature du cercle, pour l’indépendance ou contre l’indépendance. En assumant simplement et sereinement les leviers de cette pleine souveraineté qui se déploie devant nos yeux. La démarche est de se décentrer pour combler ce vide et répondre aux questions qui préoccupent les citoyens de ce pays.

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1 commentaire

  1.  » Nous avons bien eu un référendum pour l’accord de Matignon ? Est ce que nous avons eu l’once d’une catastrophe ou d’un chaos ? »
    Rien à voir avec un referendum pour ou contre l’indépendance. Êtes-vous sûr que tous les indépendantistes joueraient le jeu, démocratiquement et donc pacifiquement, en cas de non, 3 fois non ?

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