S.O.S ma planete meurt

Les résultats du Baromètre de la nature 2010 ne sont pas rassurants…je dirais qu’une chose :  »

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »

Une espèce sur cinq est menacée de disparition en France. C’est le constat inquiétant de la cinquième édition du Baromètre de la nature, présenté ce mardi par le magazine Terre Sauvage, qui publie les résultats détaillés de l’étude menée par des observateurs volontaires sur tout le territoire français. Ce baromètre permet d’observer l’évolution des espèces animales et l’efficacité des mesures prises dans le cadre du Grenelle de l’environnement et de l’Année internationale de la biodiversité.
La France au huitième rang mondial du nombre d’espèces menacées

Sur terre, dans les airs ou en mer, les espèces animales ne vont pas vraiment mieux depuis qu’elles sont à l’ordre du jour des discussions internationales. Une espèce de mammifère sur dix est ainsi menacée en France, parmi lesquelles l’ours et le loup, au cœur de vives polémiques dans les régions de réintroduction. Autres victimes des activités humaines, 25% des oiseaux «agricoles» ont disparu à cause de la raréfaction de leurs proies, tuées par les pesticides.

Dans les eaux, le constat est le même. Bien que le castor, grâce à sa grande capacité d’adaptation, revienne dans le bassin de la Loire, les poissons et amphibiens sont en recul. Les saumons ont ainsi quasiment disparu de la Loire. En mer, la surpêche a causé une forte régression des populations de sole et de plie dans la Manche. Quant aux mammifères marins, ce sont deux espèces sur cinq qui pourraient bientôt s’échouer définitivement. La France gagne ainsi le triste huitième rang mondial pour le nombre d’espèces menacées, en particulier à cause de l’Outre-mer, où la biodiversité, très riche, est en grand danger.
Freiner le bétonnage et favoriser le bio

Pour Robert Barbault, directeur du département d’écologie et gestion de la biodiversité au Muséum national d’Histoire naturelle, il faut «persister dans les efforts, car quand on s’en donne les moyens on peut redresser la situation». La preuve par le faucon crécerellette et le balbuzard, deux rapaces qui ont fait l’objet d’un programme de protection et dont la population augmente depuis dix ans.

D’autres mesures apparaissent nécessaires à la lutte contre le déclin de la biodiversité. Une réglementation des sols artificialisés serait nécessaire pour freiner le bétonnage de 86.000 hectares de terre par an, soit la surface d’un département tous les sept ans. L’agriculture biologique devrait aussi être encouragée: l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) a démontré que l’agriculture intensive avait des effets désastreux sur la flore et consécutivement sur les insectes et les oiseaux. Avec seulement 2,5% de la surface cultivable française, le bio est encore loin de l’objectif de 6% pour 2012 et de la moyenne européenne (4,3%).
«Il faut changer de vision du monde»

Face à ces enjeux, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, préfère parler de mobilisation plutôt que d’action: «L’Année de la biodiversité, c’est plus de communication que d’action, le sujet était de faire comprendre l’importance de la biodiversité aux citoyens. L’action, c’est le Grenelle.»

La secrétaire d’Etat a rappelé que les plans Ecophyto, visant à réduire l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, l’aide au développement de l’agriculture bio ou encore l’évaluation économique des services rendus par la nature seront un élément de réponse au déclin des espèces animales et végétales. Toutefois, elle reconnaît qu’il reste beaucoup de travail à accomplir pour ne pas aborder la biodiversité «sous l’angle politicien, mais rappeler qu’on parle de l’avenir de nos enfants». Une impression partagée par Robert Barbault, pour qui «il s’agit de changer de vision du monde. Le défi posé par la biodiversité est le retour à une vraie humanité, la redéfinition de la place de l’Homme dans la nature.»

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