SDF : enjeu social ou politique ?

Le tueur d’un SDF, fasciné par les armes, voulait éliminer un « nuisible »

C’est parce qu’il ne supportait plus les SDF, des êtres « nuisibles » qu’un homme de 31 ans a froidement assassiné Eugène Toma, la semaine dernière, dans un parc de l’Orphelinat. Il a attendu le moment propice pour lui tirer deux balles dans la tête.

Les enquêteurs s’attendaient à tout sauf à ça. L’auteur présumé du meurtre d’un SDF de 41 ans, la semaine dernière, aurait minutieusement préparé son crime pour abattre froidement Eugène Toma.

« Et ses motivations font froid dans le dos », a même convenu hier Claire Lanet, la procureure de la République, qui a précisé les raisons qui auraient conduit Orphée B., 31 ans, à abattre le SDF en plein sommeil.

Tout aurait commencé au début du mois de juillet. Le jeune homme, qui réside dans un appartement de la Baie-des-Citrons, avait semble-t-il l’habitude de croiser le SDF.

Au cours de l’une de ces rencontres, Eugène Toma aurait demandé à son futur meurtrier présumé une petite pièce, ce qui l’aurait passablement énervé. C’est là qu’il l’aurait violemment frappé, d’une gifle au visage. A tel point qu’il se serait fait mal à la main. « Cette douleur aurait empêché ce jeune homme très sportif de faire des pompes ou de s’exercer au tir », a expliqué hier Claire Lanet. Pris de colère, il aurait alors mûri son projet : éliminer le SDF.

Filature

« C’est comme cela qu’il l’a discrètement suivi pendant quelques jours, poursuit la procureure, afin de déterminer le moment le plus propice pour passer à l’action. »

Au cours de sa filature, il a également indiqué que des passants et une commerçante ont regardé le SDF « avec dégoût », ce qui l’aurait conforté dans son intention de « l’éliminer ». Ce sont les propres termes qu’il a employés lors de sa garde à vue, au cours de laquelle il aurait reconnu les faits sans difficultés.

Mardi de la semaine dernière, en début d’après-midi, il l’a suivi jusqu’à un parc en pente de la Baie-de-l’Orphelinat situé rue Tindale. Il l’a vu s’allonger dans l’herbe, sous un tamarinier. Là où les riverains avaient l’habitude de le voir.

Devoir accompli

Orphée B. aurait alors garé sa voiture, en serait sorti, muni d’un fusil de calibre 22. « Il a choisi cette arme parce qu’il la savait particulièrement silencieuse », a précisé hier Claire Lanet. Il aurait visé la tête du SDF, alors qu’il était endormi. Il aurait attendu cinq secondes et pour être sûr d’accomplir son dessein, aurait tiré une seconde fois, toujours à la tête, avant de repartir, avec « le sentiment du devoir accompli », selon les termes qu’il aurait employés lors de ses aveux.
« Tout au long de son interrogatoire, il n’a exprimé aucun remords, a encore précisé Claire Lanet. Il a décrit les SDF comme des êtres commettant des actes d’incivilité et donc nuisibles à la société, dont la vie n’a aucune valeur à ses yeux. Il était exaspéré et s’est dit qu’il devait agir. »

Avant cette trajectoire personnelle insensée de « justicier dans la ville », qui donnera certainement du grain à moudre aux experts psychiatres, ce jeune homme ne s’était pas fait connaître de la justice pour un coup d’éclat de cette ampleur. Tout juste une affaire de violences volontaires, il y a quelques semaines de cela, après une altercation avec un automobiliste.

Mardi matin, après avoir remonté sa piste, les enquêteurs de la sûreté urbaine l’ont interpellé dans son appartement de la Baie-des-Citrons, où il se trouvait avec son amie. Pendant sa garde à vue, il s’est rapidement montré coopératif. Une remise en situation a même été effectuée sur les lieux du crime, avec sa participation active.

Ce matin, il devrait être présenté à la justice et être mis en examen pour « assassinat ». Devant la cour d’assises, il encourt la peine maximale. La réclusion criminelle à perpétuité.

Il vendait des sex-toys et pratiquait le tir dans un club

Comment Orphée B., un jeune homme de 31 ans, apparemment « bien dans sa tête » comme le décrivent ceux qui l’ont brièvement côtoyé, a-t-il pu se transformer en meurtrier froid et déterminé ? Qu’est ce qui l’a conduit à mettre en œuvre son projet « d’éradication » d’un SDF, qu’il considère comme un « nuisible » ? Dans les annales judiciaires calédoniennes, le cas de figure est inédit.

Fasciné par les armes, Orphée B. l’est très certainement. Au point d’en posséder neuf (sept ont été découvertes chez lui, deux chez son amie), dont un calibre de grande chasse, une carabine 300 Remington. Un véritable arsenal, puisqu’il possédait aussi près d’un millier de cartouches de différents calibres.

Il aurait acheté une partie de ses armes sur Internet, d’autres chez les armuriers de la place. Certaines seraient régulièrement déclarées. Lui n’a en tout cas pas vu d’un mauvais œil la récente libéralisation de leur vente.

Il pratiquait aussi le tir dans un club du Grand Nouméa. « C’est quelqu’un de souriant, charmant, très sympa, qui venait fréquemment avec un copain », indique un membre du club. « Il était même attachant et semblait bien équilibré dans sa tête. Comme pas mal de monde, il venait faire du tir récréatif, pour décompresser. »
Mais le jeune homme semblait également très porté sur la violence, virtuelle en tout cas. Car chez lui, les enquêteurs auraient retrouvé quantité de jeux vidéo de combat. Hormis ses activités récréatives, le suspect, originaire de Draguignan, dans le sud de la France, aurait passé un CAP restauration, mais s’était semble-t-il orienté dans une toute autre voie. Installé depuis longtemps sur le Caillou – il a été scolarisé au collège Mariotti – il exercerait une activité de patenté, spécialisé dans la vente de… sex-toys.

Mais aussi de plantes végétales aux vertus médicinales, comme la spiruline, une algue microscopique. Un drôle de mélange pour un jeune qui ne cache pas, sur son profil Facebook, son inclination pour les sports de combat – l’ultimate fighting -, les molosses ou les idées d’extrême droite.

Une enquête rondement menée

Les enquêteurs du groupe d’atteinte aux personnes (sûreté urbaine) n’ont pas traîné pour mettre un nom sur le meurtrier présumé d’Eugène Toma.

Ce SDF de 41 ans avait grandi dans le quartier Nickel’s, à Rivière-Salée, où il était connu pour être le gardien de but de l’équipe de foot lors des tournois interquartiers. Et il était réputé pour sa résistance physique.

Mardi 17 juillet, lorsque les voisins alertent les pompiers et la police, inquiets de ne pas l’avoir vu bouger de la journée, face contre terre, les policiers démarrent une enquête de voisinage.

Un témoignage va leur donner un grand coup d’accélérateur. Celui d’un riverain, qui se souvient avoir vu un Range Rover gris, aux vitres arrière teintées, un modèle assez ancien. Ce même voisin qui croit avoir entendu deux détonations.

Grâce à la marque du véhicule, ils établissent une liste d’une centaine de suspects. En procédant par élimination, ils parviennent à identifier un nom. Et se rendent rapidement compte que le suspect a enregistré sous son nom plusieurs armes à feu. Raison pour laquelle ils prennent leurs précautions, mardi à l’aube, pour interpeller leur suspect, avec le concours du GIPN.
1 000
Près d’un millier, c’est le nombre de munitions de différents calibres que les policiers ont retrouvées au domicile de l’auteur présumé du meurtre d’Eugène Toma, apparemment fasciné par les armes à feu. Au point d’en détenir neuf, des fusils et une arme de poing.

Un article de Pierrick Chatel.
LES NOUVELLES CALEDONIENNES

Voila le rappel de cet abominable faits divers qui a secoue la Nouvelle Caledonie.

Les SDF, pas plus que les autres …

Ainsi les SDF subissent des violences !
Et c’est avec un meurtre que l’on en prend conscience ?
Mais comme toutes les couches de la population,
Ils risquent, tous les jours, une nouvelle agression.

Pourquoi des chauffards tuent et des voyous agressent ?
Que d’autres, au tribunal, fier de leurs palmarès,
Expliquent qu’ils ont fait du vol leur métier ?
Qu’on découvre aujourd’hui une race des justiciers ?

Tout ça n’est pas nouveau, on se voile la face.
Autrefois les média étaient moins efficaces,
Ou n’était pas contraints, pour augmenter leur vente,
De titrer sur des crimes ou des misères pesantes !

Retour à la case départ … mais laquelle ?

Accuser les élus d’être peu efficace,
C’est pour notre conscience, éviter la disgrâce.
Car les élus n’ont pas à être généreux
Par contre pragmatique, ils doivent l’être pour deux.

Alors, s’il faut payer quelques billets d’avion
À des zoreilles piégés par une télé bidon,
Faites, Madame Panchou, avec notre pognon,
Ça coutera moins chère qui toutes vos digressions.

Mais ne faites pas dire au maire de Nouméa
Que la misère des gens ne le tracasse pas.
Car certaines structures qui perdurent aujourd’hui,
Croyait moi, je le sais, existent grâce à lui.

Les causes … le remède …

Accident de la vie ou perte de repère,
Les motifs sont nombreux pour tomber en galère.
Autant que de l’argent, il faut céder du temps,
Pour donner à ces gens un style de vie décent.

La politique sociale parait toujours miteuse
À ceux qui la commentent assis dans leur causeuse.
Mais si parfois il manque un peu subvention,
Ce n’est que dans l’humain qu’on trouve la solution.

Faut-il des bénévoles ou de vrai salariés ?
Qu’importe il faut des gens qui savent écouter.
Et trouver de l’argent relèvent des élus,
Qui doivent faire des choix un peu moins saugrenus.*

( sources: leblog  les avis en vers du pere prosper)

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18 commentaires

  1. Ce que la soeur du prevenu nous dit est tres interessant. Apparement, Orphee Boudry se droguer avec des anabolisants et autres amphetamines, des produits qui sont strictement inetdit sur le territoire. On peut donc supposer qu’il a pu se procurer ses produits illicites a travers des reseaux notament chez les culturistes caledoniens ou d’autres amateurs de gros bras style « Rambo » ou « Terminator. »

    Il serait interessant que la justice met un peu son nez dans ces milieux ou souvent drogues, armes, gonflette et idees fachistes font bon menage.

  2. Les propos de la soeur de OB ne sont pas anodins et elle essaie de mettre en lumiere une face cachee de la personalite’ de son frere qui etait drogue’ et/ou manipule’.

  3. Floyd, vous dites : « On peut donc supposer qu’il a pu se procurer ses produits illicites a travers des reseaux notament chez les culturistes caledoniens ou d’autres amateurs de gros bras style “Rambo” ou “Terminator.”
    Arreter de supposer et faire des liens transversaux, vous pourriez vous faire coaltarer pour ce genre d’écrit.

  4. Coaltarer par qui?

    Par toi?

    Des menaces a present?

    Ce n’est un secret pour personne que dans ce milieu il y des drogues pour la gonflette qui circulent.
    Ces drogues sont extremement dangereuses. Suffit de lire des anciens articles sur LNC.
    Meme au Jeux du Pacifique il y a eu des scandales et trafiiques a en plus finir dans ce milieu.

    Alors « V » ne vient pas me donner des lecons mon coco.

    We are Legion, c’est nous, pas toi.

  5. Floyd, en voyant tes posts un peu partout : yahoue, cagou, caledosphere, j’ai l’impression que tu es un no life, que tu as un avis sur tout, connait tout, touche à tout…
    Concernant tes suppositions, tu bosses dans la crim, t’es un OPJ, detective?
    « We are Legion, c’est nous, pas toi. » tu te prends pour un révolutionnaire, ou bien?! Tu es qui derrière ton ordi, un mec comme moi, point barre.

  6. Nous c’est la majorite silencieuse qui s’exprime LIBREMENT sur internet, et je ne suis pas le seul, comme tu as pu le remarquer.

  7. Un crime à caractère raciste. S’il le laisse au camp-est, il risque de se faire beaucoup d’amis.

  8. On aimerait savoir comment OB s’est procure’ des drogues qui peuvent transformer un mouton (bouhdiste) en lion enrage’.
    Certains amphets sont connu pour etre des drogues de combat. Extremement dangereux sur le plan comportemental.

    http://www.a-lire.info/drogues.html

    1. Oui Floyd c’est ce qui m’a troublé quand on nous a appris ça au JT d’hier soir.
      S’il se faisait des piqûres de testostérone (entre autres) pas étonnant qu’il soit devenu agressif.
      Inutile de faire un cours de médecine élémentaire, tout le monde aura compris.
      Cela dit, il n’a aucune excuse; l’acte qu’il a commis est impardonnable. Il s’est comporté comme un voyou de base, comme les pires voyous de notre société aujourd’hui, à savoir venir se venger de quelqu’un pour une bricole et aller jusqu’à vouloir et donner la mort à l’autre. Il mérite d’être condamné en juste mesure de l’acte odieux qu’il a commis.

      Par ailleurs, je reste assez surpris du traitement médiatique de l’affaire; une belle dérive vers le sensationnel, le voyeurisme le plus vil. En a-t-on fait autant pour le mec qui a battu à mort sa compagne à VKP l’année dernière ? Dans beaucoup d’affaires d’homicides ou de viols récents en NC, les noms et visages des prévenus puis coupables, ainsi que leur vie privée, ne sont pas mis en avant. C’est la plus grande opacité, une sorte de « respect » rendu au prévenu, un droit qu’on lui donne; au cas où, le pauvre, il ne faut pas trop l’accabler, le stigmatiser s’il veut un jour se réinsérer en société.
      Et cette fois, c’est tout l’inverse. Pourquoi ?

      Autre question, pourquoi cette fois autant de sensationnel? Avec la question stupide posée au journal tv à l’inspecteur sur « une nouvelle forme de criminalité en NC ». Comme si un fait divers qui restera sans doute unique était déjà le signe d’une nouvelle forme. On dirait que la Calédonie, loin de Mohammed Mérat, loin du tueur de Denver, s’ennuie dans sa petite vie d’île paisible, et veut elle aussi être une société à spectacle morbide. « On a nous aussi un tueur, comme dans les grands pays, on va faire du grand sensationnel médiatique ».

      1. Le battage mediatique a ete amplifie’ avec l’intervention televisee de sa soeur. Je ne defends en aucun cas le geste de OB, simplement comme pour sa soeur on aimerait comprendre le mecanisme psychique qui a conduit a ce geste incomprehensible, qui pour moi n’est pas si gratuit qu’on veut bien nous faire croire.
        J’ai le sentiment (tres personel) qu’il y a eu du lavage de cerveau et/ou manipulation. Sa soeur fait etat de certaines substances qui aurait change son comportement le transformant en monstre, lesquelles et comment OB aurait pu se les procurer.
        Y a-il d’autres personnes dans son entourage qui se « dopent » avec ces memes produits dangereux pour eux et la societe?
        Il faudra me convaincre que ce geste reste un acte totalement isole et gratuit.
        La Proc me semble etre embarasee sur ce point.
        Desole,mais pour le moment, des motivations a caractere emmotionelles (mal de main qui empeche de faire du sport) pour expliquer une execution sommaire aussi froid et rationnel ne tient pas debout.
        L’enquete ne fait que commencer, on en saura certainement plus dans l’avenir, je suppose.

  9. C’est très comparable à ces nombreuses agressions, dont certaines mortelles, parfois inhumaines à cause de l’acharnement, commises par des kanaks sur des gens totalement inoffensifs qui passaient juste par là : The wrong person at the wrong moment..

    Sauf que là c’est un blanc qui tue un kanak, SANS AUCUNE RAISON..

    C’est d’autant plus regrettable que nous, les enc.. de blancs, on n’agit pas comme ça, et c’est, au moins moralement, notre force et notre dignité.

    Alors Madame la Procureure, là vous allez pouvoir vous lâcher, vous régaler dans votre jeu de rôle favori, le pauvre délinquant Kanak contre le méchant blanc.

    Et pour une fois, UNE SEULE, j’approuverai, ce crétin le mérite.

    Bonne soirée.

  10. Ah le sport !… Opium du peuple, et hélas trop souvent… peuple de l’opium… (voir les exclusions du Tour, et de Londres…).

  11. Le con, il s’est trompé de cible…
    S’il voulait dégommer du nuisible, c’était boulevard Vauban qu’il fallait aller chasser…

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